Fugaces souvenirs

John Salminen – Escaliers de Montmartre

Quatrième semaine de confinement et trente-troisième devoir du Goût des Autres.

Peu de monde, très peu de monde dans cette rue qui descend du Sacré-Cœur vers la place Saint-Pierre.
Je peux vous le dire, cette rue faite d’escaliers est la rue Paul Albert.
Mais où va cette femme qui les descend sous la pluie ?
Quel devoir ou quelle aventure la mène ?
Qu’est-ce qui la pousse à sortir alors que, dans tout le pays, chacun est appelé à rester chez soi ?
Si vous avez une idée, nous la lirons tous avec plaisir, intérêt ou le cœur serré, c’est selon.
Mais nous la lirons lundi puisque désormais, c’est « l’école à la maison »…

Rappelle-toi Barbara, il pleuvait sans cesse sur Paris ce jour-là et tu marchais silencieuse, tendue en cette journée pluvieuse. Continuer la lecture

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Ile (BR2020-14)

Cette semaine, Carole a fait fort pour le thème du défi 52 photos : Ile… Pas facile à photographier quand on est confiné 🙁 . J’ai donc dû fouiller dans mes archives pour trouver de quoi satisfaire votre curiosité 😉 . Cette photo est relativement récente, puisqu’elle n’a pas encore tout à fait un an. Comme je suis très désorganisé, je n’ai pas noté à l’époque ce que je photographiais exactement… Je me souviens que nous étions en vacances dans le Cotentin, à Barfleur plus précisément. Nous avons fait une excursion en bateau, à partir de Querqueville me semble-t-il. Au loin, ce fort, sans doute (après recherches sur Internet 😉 ) le fort de Chavagnac, construit sur la roche qui porte le nom du comte Gilbert de Chavagnac, chargé des travaux de construction.

Querqueville (France) – 8 avril 2019

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Soixante-Quatre

J’ai cessé de compter les jours de confinement. Ils se succèdent, tous semblables. Aujourd’hui ressemble à hier, qui lui-même ressemblait à avant-hier, qui lui-même… Nul doute que demain ne nous apportera aucune surprise. C’est bien simple : je ne sais même plus quel jour nous sommes. Après avoir consulté le calendrier, je confirme : nous sommes samedi.

Puisque je ne compte plus les jours, il ne me reste qu’à compter les années. Aujourd’hui, j’ai eu soixante-quatre ans. Cela commence à compter. Tout à l’heure, j’ai appris que Ronald, un ancien collègue, était décédé hier. Nous nous étions revus il y a peu. D’accord, il avait vingt ans de plus que moi, mais je suis effaré de constater qu’au fil des ans qui passent, la Camarde frappe de plus en plus souvent dans mon entourage.

Mais cessons de broyer du noir. Aujourd’hui, j’ai eu soixante-quatre ans et nous avons fêté cela. En très petit comité, confinement oblige. Nous étions deux, mon épouse et moi. Ce n’est pas beaucoup. Bien sûr, j’ai reçu nombre de messages d’amis via les réseaux sociaux. J’ai longuement conversé avec ma soeur via What’s App. Nous avons pris un apéro virtuel avec les enfants et les petits-enfants. Même ma mère a pris la peine de me téléphoner, c’est dire ! Mais il me manque de rencontrer les gens « pour de vrai », de pouvoir leur serrer la main, les étreindre, les embrasser. Enfin, il faut se montrer patient, nous n’avons pas d’autre choix.

A l’occasion de mon anniversaire, j’ai décidé de me lancer dans le Défi Arc-en-ciel. C’est un programme proposant de transformer notre vie, jour après jour, en donnant le meilleur de nous-même sur une période de cent jours. Je commence demain. Et non, ce n’est pas de la procrastination. Aujourd’hui, c’est le jour 0, qui sert à préciser ses intentions et à comprendre le fonctionnement de ce défi de 100 jours.

Bref, journée bien occupée : je n’ai même pas écrit mon billet polar pour le mois belge, et ça, c’est de la procrastination !

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STEEMAN Stanislas-André

Biographie

Je ne sais pas si Stanislas-André Steeman est encore un auteur fort connu hors de nos frontières. Il faut dire que l’apogée de sa carrière arrive en 1939 (cela ne nous rajeunit pas) avec la publication de «L’assassin habite au 21» et que ses derniers ouvrages (par ailleurs moins connus) datent du tout début des années soixante.

Quant à moi, je connaissais surtout son fils, Stéphane, humoriste et imitateur bien connu (par les gens de mon âge du moins 😉 )

Mais revenons à Stanislas-André. Né à Liège le 23 janvier 1908, il publie à l’âge de 16 ans un recueil de contes dont plusieurs étaient déjà parus dans un quotidien belge. Son premier roman date, lui, de 1927.

Vous connaissez le film Quai des orfèvres, réalisé par Henri-Georges Clouzot ? Mais si, voyons, avec entre autres Louis Jouvet et Bernard Blier. Eh bien c’est l’adaptation de Légitime défense (paru, lui, en 1942). Peu d’auteurs de romans policiers peuvent se targuer d’avoir vu une douzaine de leurs titres portés à l’écran !

Quoi qu’il en soit, Stanislas-André Steemans s’est révélé un auteur prolifique : sa signature se retrouve au bas de 41 ouvrages dont 37 romans policiers, les cinq premiers ayant été écrits en collaboration avec Herman Sartini.

Je ne peux m’empêcher de terminer sur une petite anecdote rapportée par le site Focus on Belgium : certains critiques français l’auraient surnommé le « Simenon belge » 😉 !

Bibliographie

(non exhaustive : uniquement les ouvrages chroniqués sur mon blog)

  • 1936 : La maison des veilles (dans ma PAL)
  • 1939 : L’assassin habite au 21 (billet à paraître demain)
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ruolz

J’inaugure aujourd’hui une nouvelle rubrique 😉 ! Il est impossible pour moi de rencontrer dans mes lectures un mot inconnu sans aussitôt en chercher la signification. Et comme je suis collectionneur de nature, j’en garde précieusement la trace. Voici donc le premier, replacé dans son contexte :

–  Que faisait-il avant de placer des appareils de radio ?
–  Il plaçait des couverts en ruolz.

Stanislas-André Steeman, L’assassin habite au 21 – p. 79

Je n’avais jamais entendu parler de ruolz. Et vous ? Ce n’est pas un terme bien compliqué, puisque même mon vieux Larousse m’en donne la définition :

(du nom de l’inventeur). Alliage imitant l’argent, composé de cuivre, de nickel et d’argent.

Henri de Ruolz

J’ai bien sûr été intrigué par cet inventeur ! Wikipedia nous apprend que « Henri de Ruolz (plus précisément : Henri Catherine Camille comte de Ruolz-Montchal) est un compositeur et chimiste français, né à Paris le 5 mars 1808 et mort à Neuilly-sur-Seine le 30 septembre 1887. » Chimiste, d’accord, mais compositeur ? Eh bien oui, surtout des opéras, mais pas que. Vous voulez en savoir plus ? Dans un dossier rédigé par Yonel Buldrini, que vous pouvez retrouver ici, vous découvrirez sa vie, contée entre autres par un de ses amis… Alexandre Dumas lui-même !

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Stéphane De Groodt

Stéphane de Groodt César 2018

Stéphane de Groodt à la cérémonie des César du cinéma le 2 mars 2018 (photo : Georges Biard)

Pour ce premier jour du mois Belge, Anne nous proposait de parler d’humour : un.e humoriste belge, un.e caricaturiste, une BD amusante, un film… : tout est bon pour garder la pêche 🙂 ! Pas question cette année de faire un poisson d’avril, comme l’an passé. Les temps ne s’y prêtent pas… Savez-vous qu’en Thaïlande, un poisson d’avril à propos du coronavirus est passible d’une peine de cinq ans de prison ? Mais trêve de sérieux, essayons de quand même plaisanter 😉 . J’ai donc choisi de vous parler de Stéphane De Groodt. Né le 3 mars 1966 à Bruxelles, c’est un comédien, un réalisateur et, bien sûr, un humoriste !

Je le connaissais surtout comme créateur et acteur de la série File dans ta chambre, diffusée à partir du 14 janvier 2002 sur Canal+ Belgique, puis sur la RTBF et France 2, et dont les textes étaient coécrits avec Odile d’Oultremont, alors sa compagne.

Je le savais acteur et réalisateur, mais en préparant ce billet, ayant consulté Wikipedia, j’ai appris qu’il avait également été pilote professionnel entre 1985 et 2000 ! Et ce n’est pas un poisson d’avril.

Mais quid de son humour ? Son humour absurde et très littéraire ainsi que le rythme effréné de ses jeux de mots le rapprochent d’ humoristes comme Raymond Devos ou Pierre Desproges. Il collabore avec Christophe Debacq pour l’écriture de recueils de ses chroniques sur Canal+ (Voyages en absurdie, Retour en absurdie).

Je ne peux résister à vous offrir les deux premiers paragraphes de son livre Retour en Absurdie.

Alors, vous ne le savez sûrement pas, donc maintenant vous le saurez, ou l’essorez si vous pensez que je vous raconte des salades, mais demain, ou deux pieds, ça marche toujours mieux…, ça fera dix ans que le champion vélocipédique Luis Ocana canait. Perdant ainsi les pédales, il partit de son plein gré rejoindre ses compagnons de route au paradis, qui comptent déjà dans leur-rangs Fignon.

Ne faisant pas partie des-railleurs de la petite reine, j’envisageais de prendre place à bord de la voiture-raclette, c’est comme une voiture-balai mais sans poils, afin de faire le tour des champions cyclistes, ou 8 clistes si vous comptez fleurette et Coppi… L’immense Fausto Coppi, qui encore aujourd’hui pourrait niquer ses adversaires car oui, c’était un colosse-Coppi ! Un physique qu’il devait sûrement à un régime sans selle… Mais là je vous parle d’un temps que les plus de vingt dents ne peuvent pas connaître, même si d’autres coureurs m’épatent, m’épatent… oui c’est de Pantani !… que je parle, même s’il ne me semble pas oPPortun, avec dopé, de rencontrer ce pauvre Marco, pâlot, qui a dû rendre le maillot jeune car il n’avait plus que l’EPO sur les os. Comme l’Eddy Merckx très justement : « Jeu de mots, jeux de vélo ! » Alors plutôt que de continuer à pédaler dans la semoule et de me retrouver dans la roue de l’infortune, risquant ainsi de porter le maillot faible, je changeai de braquet afin d’évoquer le 13 mai dernier, car cela faisait neuf ans qu’Eddie Barclay, empereur des CD, décédait. Eh oui, après 78, 45, puis 33 tours, il s’en est allé faire un dernier tour, en terre, usé par des années de labour dans le microsillon.

Vous l’aurez remarqué, il vaut mieux s’accrocher ! Heureusement, dans la version écrite, la typographie met en évidence quelques jeux de mots particulièrement subtils. Pas sûr qu’en version audio vous n’en loupiez pas la moitié ! Bon, je vous l’accorde, l’absurde poussé à ce point, on aime ou on aime pas, moi j’adore.

Dans son dernier ouvrage, Le livre de la Jongle, il revisite quelques expressions de la langue française. Allez, trois derniers exemples pour la route :

Dernier carat : Il est dit que c’est le dernier carat parlé qu’aura raison.

C’est Byzance ! : Non, c’est Istanbul. Indique qu’il serait grand temps de mettre à jour votre GPS.

Sur un coin de table : Expression que nous devons aux chevaliers de la Table ronde.

Ceci est donc ma première participation au Mois Belge 2020 de Anne 🙂 🙂 🙂 !

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Le mois belge 2020

Dans la blogosphère littéraire, avril est traditionnellement « Le mois Belge ». Il s’agit d’un challenge proposé par Anne du Blog « Des Notes et des Mots ». En 2020, c’est déjà la septième édition qu’elle nous propose.

De quoi s’agit-il ? Tout simplement de lire et partager des auteurs belges. Francophones ou pas 🙂 !

Pendant un mois, il s’agit donc de fêter la littérature, et plus généralement la culture, belge sous toutes ses coutures : tous les genres sont permis (BD, jeunesse, roman, polar, essai, théâtre, poésie, beaux livres…) à condition que l’auteur soit belge. Les livres peuvent être publiés en Belgique ou ailleurs, traduits (pour le flamand) ou non mais l’auteur doit absolument être belge.

Voici un petit agenda que nous propose Anne, et que j’essaierai de suivre dans la mesure du possible :

  • 1er avril : Humour à la belge : un.e humoriste belge, un.e caricaturiste, une BD amusante, un film… pour garder la pêche 🙂 !
  • 4 avril : Journée Polar
  • 10 avril : Journée féminine (autrice, personnage féminin fort, éditrice… à la Belge)
  • 17 avril: Journée flamande (roman, film, BD ou autre choix flamand – en traduction ou en V.O.)
  • 21 avril : Un roman d’Armel Job
  • 28 avril : Journée Henri Bauchau
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Journal du confinement : jour 484

Que nous propose donc Le Goût des Autres comme sujet du 32ème devoir ?

Vous ne trouvez pas que ce dessin d’Albert Marquet, est un beau symbole d’évasion ? En ces temps d’emprisonnement généralisé racontez nous une histoire de liberté récouvrée.


Albert Maquet – La charrette à bras (1904)

J’ai le moral dans les talons : c’est déjà notre deuxième fête nationale en confinement. Je suis avachi dans mon canapé, devant la télévision, à attendre le discours de notre président. Rassurez-vous, pour le moment je suis avachi, mais je continue à faire du sport ! Il y a six mois, j’ai acheté sur Internet un vélo fixe et je fais chaque jour une cinquantaine de kilomètres, tout en écoutant les nouvelles du front.

Mais chut… La Marseillaise se termine, l’allocution va commencer. Continuer la lecture

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Nuages (BR2020-13)

Après la semaine ensoleillée que nous venons de connaître, place à nouveau aux nuages. C’est d’ailleurs le thème que nous propose aujourd’hui Carole du site des Bottes Rouges pour notre projet 52 photos. Pour ma part, en ces temps tourmentés, je vous propose une photo qui date d’il y a quelques semaines : on parlait déjà du coronavirus, mais pas encore de confinement. Si je l’ai choisie, c’est parce que derrière les nuages, on distingue nettement le soleil. Un peu de pensées positives ne sont pas de trop actuellement. Je vous souhaite d’apercevoir le soleil derrière tous vos nuages !

Nieuwpoort (Belgique) – 26 Février 2020

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Ca ira mieux demain !

Non, ce n’est pas de la procrastination,
mais en ces temps moroses, je vous l’affirme,

ça ira mieux demain !

Le clip des humoristes belges pour remonter le moral !

Et de plus, c’est un clin d’oeil au Mois Belge de Anne avec quelques jours d’avance 😉


 

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