Procrastination

Bon, d’accord, hier je vous disais qu’aujourd’hui je vous parlerais de ma dernière lecture – La cerise sur le gâteau – mais voilà, une autre urgence m’appelle, je vous en parlerai donc demain.

Et quelle urgence, s’il vous plait ? Y en a-t-il d’autre que le coronavirus ? Et bien oui ! En effet, même si cette maladie est beaucoup, beaucoup moins mortelle que le coronavirus, celle dont je veux vous parler aujourd’hui toucherait quand même 85% des Françai.se.s ! Et alors ? Et bien le 25 mars (c’est-à-dire aujourd’hui), c’est la journée mondiale de la procrastination !

Ici, une petite précision s’impose. Quand on parle de la journée mondiale de l’une ou l’autre maladie (cancer, mucoviscidose, épilepsie, etc., etc., chacune a sa journée) l’objectif est de sensibiliser le grand public à cette maladie dans l’espoir de mieux lutter contre elle. Or, en ce qui concerne la journée mondiale de la procrastination, l’objectif est plutôt une sorte de réhabilitation, en d’autre termes une tentative de déculpabilisation des personnes atteintes. Continuer la lecture

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VALOGNES Aurélie

Biographie

Aurélie Valognes est née en 1983 à Châtenay-Malabry dans le département des Hauts-de-Seine dans une famille modeste : son père est peintre automobile et sa mère employée dans une école maternelle. Elle passe sa jeunesse à Massy, commune voisine dans le département de l’Essonne. A l’issue de ses études secondaires, elle intègre l’École supérieure de commerce de Reims dont elle sort diplômée en 2006.

A la fin de ses études, elle est embauchée au service marketing du groupe Procter & Gamble. Âgée de trente ans, elle démissionne pour suivre son mari, cadre du groupe l’Oréal, à Milan. C’est pour elle un événement marquant, qu’elle évoque dans l’épilogue de La cerise sur le gâteau, ainsi que sur son site personnel :

C’est à l’approche de mes 30 ans que tout a changé : le jour où j’ai accepté de suivre mon mari à l’étranger. C’était le grand saut dans le vide ; je venais de démissionner, et j’embrassai alors une foule d’incertitudes.

C’est parfois loin de son pays que l’on renoue avec soi-même. Il est plus simple de se réinventer quand tout est nouveau autour de vous. La peur d’être jugée, qui me freinait tant, n’existait plus.

L’envie d’écrire est alors devenue pour moi une nécessité.

J’adore cette dernière phrase. Je devrais souvent la relire et m’en imprégner !

Un autre élément qui m’a également marqué quand j’ai fait quelques recherches sur Internet (surtout Wikipedia 😉 !), c’est que son premier roman, avant de paraître chez Michel Lafon, est d’abord paru en auto-édition. A méditer.

Mère de deux garçons, elle est revenue au pays et vit maintenant en Bretagne, à Dinard.

Site de l’auteur : http://www.aurelie-valognes.com/

Bibliographie

(non exhaustive : uniquement les ouvrages chroniqués sur mon blog)

  • 2019 : La cerise sur le gâteau (billet à paraître demain)
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Que de regrets !

Salvador Dali – Femme à la fenêtre

Reprendre ce blog ne signifie pas que reprendre le projet 52 photos, mais aussi les divers défis d’écriture auxquels je participais. Comme par exemple le devoir de Lakevio du Goût, qui en est cette semaine à sa 31ème édition !

 

Elle est comme nous.
Elle est à sa fenêtre.
Que souhaite-t-elle ?
Que pense-t-elle ?
Comme nous est-elle confinée, prisonnière, recluse ? 
Dites lundi ce que vous pensez à partir de cette toile de Salvador Dali.


Marianne regrette son petit village natal. Elle y a passé une enfance heureuse, puis une adolescence sans soucis. Et c’est avec confiance qu’ele est entrée dans l’âge adulte. Bien sûr, pour une pauvre paysanne comme elle, les temps étaient durs. Les subsides européens à l’agriculture ne suffisaient pas toujours pour boucler les fins de mois dans le vert, mais elle ne se plaignait pas : le soleil brillait pour tout le monde et chacun était libre d’aller où bon lui semblait. Continuer la lecture

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Seul au monde (BR2020-12)

Il y a quelqu’un ? Vraiment personne ?

Pendant six semaines, cette question pourtant simple est restée sans réponse. Mais me voici enfin de retour dans ce blog déserté. Rassurez-vous, ce n’est pas le coronavirus qui m’en a tenu éloigné.

Je sais que chez Les bottes rouges, les sessions de rattrapage sont autorisées, mais j’ai décidément trop à faire que pour changer d’avis : pour moi, vouloir rattraper le temps perdu, c’est du temps perdu. Mais j’essaierai de ne plus être (trop 😉 ) absent !

En ces temps de confinement, le sujet proposé par Carole tombe à pic : Seul au monde ! Comme il faisait ensoleillé et qu’en Belgique il nous est encore autorisé de nous promener (mais pas à plus que deux), nous avons arpenté la campagne environnante sans rencontrer personne, même pas celui ou celle qui aurait pu se croire seul.e au monde… Nous n’avons rencontré que cet arbre qui nous a paru bien triste, seul à se détacher sur la ligne d’horizon.

Floreffe (Belgique) – 22 mars 2020

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Qui ai-je envie d’être ?

Je suis enfin en train de lire La cerise sur le gâteau d’Aurélie Valognes, que j’avais offert à mon épouse il y a un an, à l’occasion de sa mise à la pension. Quant à moi, je suis pensionné depuis septembre dernier, soit quelques mois plus tard qu’elle. Enormément de points communs, donc, entre nous et les protagonistes du roman, puisque Bernard y est pensionné quelque temps plus tard que Brigitte.

Beaucoup de points communs, mais pas mal de différences aussi (heureusement 😉 ). Toutefois, je me retrouve pleinement dans les questions existentielles que Bernard est amené à se poser :

Il est temps que tu te poses les bonnes questions… Il faut que tu trouves par toi-même ce que tu « veux » faire, et pas ce que tu « dois » faire. Quelle personne as-tu envie d’être ?

p. 107

Et moi, qui ai-je envie d’être ? Qu’ai-je envie de faire ? Je suis écartelé entre deux attitudes.

Ne rien faire. « Profiter » de la vie comme mes collègues, mes amis, ma famille n’ont cessé de me dire ? J’ai mis des guillemets, car j’ai horreur de ce verbe, que j’associe inévitablement à « profiteur », terme à mes yeux hautement péjoratif. Remplaçons-le donc. Savourer la vie ? C’est déjà mieux ! Mais encore ? Est-ce savourer la vie que ne rien faire ? Toute notre vie, nous sommes tellement formatés à la primauté de la valeur travail que quand celui-ci nous est ôté (même si c’est à notre demande), nous nous sentons nus et démunis face à la recherche d’un sens à notre existence. Même si c’est là une occupation que je prise de temps en temps, je me vois mal passer le reste de ma vie à remplir des grilles de mots croisés…

A l’opposé, j’ai tant de centres d’intérêt (littérature, photographie, informatique…) que je me dis que « maintenant que j’ai le temps », je devrais me consacrer à ces passions, au risque de me mettre une pression qui n’aurait rien à envier à celle que m’imposait ma vie professionnelle.

Vous allez me dire que, comme d’habitude, in medio virtus. J’entends bien, et je ne vous contredirai certes pas, mais ce point d’équilibre est bien difficile à atteindre…

La première année, c’est la plus dure, il faut presque l’effacer et repartir de zéro. Ensuite, très vite, plein de choses vont se présenter à toi, et ce sera difficile de choisir. Comme quand on entre dans une pâtisserie et qu’on aimerait tout manger. Tu vas faire des petites erreurs, tu vas tâtonner, ce n’est pas grave. Sois patient.

p. 109

En ce qui me concerne, j’en suis à un peu plus de six mois, et je commence à apprivoiser mon nouvel état, mais je dois avouer que je suis encore bien loin de la sérénité, et que les temps coronaviriens que nous traversons n’arrangent pas les choses. Bon, il me reste à être patient et à l’écoute de mes aspirations, même lorsqu’elles semblent contradictoires.

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C’est le printemps !

Chouette, aujourd’hui, c’est le printemps !

Mais d’où débarque cet olibrius, vous entends-je vous demander : sans même s’excuser, il s’absente plus d’un mois, et le jour où il revient parmi nous, il essaie de nous faire croire que c’est le printemps, alors que nous ne sommes que le 20 mars…

Bon, il faut que je vous explique… Il y a plusieurs printemps, si, si ! Il y a bien évidemment le printemps calendaire, le plus connu, celui que vous avez découvert dès vos premières années d’école : le printemps, c’est le 21 mars !

Mais il y a aussi le printemps météorologique, fixé de manière tout à fait arbitraire au 1er mars.

Mais le printemps que je préfère, en tant qu’ancien professeur de physique, c’est le printemps astronomique, celui qui coïncide avec l’équinoxe (de printemps, forcément). Kekseksa, l’équinoxe ? C’est le moment où les durées du jour et de la nuit sont égales. Autrement dit, après, le jour dure plus longtemps que la nuit 😉 ! (Le mot équinoxe vient du latin « æquinoctium » qui signifie « nuit égale »). Plus précisément, on parle d’équinoxe lorsque le Soleil se trouve au zénith, c’est-à-dire perpendiculaire à l’équateur. L’arrivée du printemps se passe donc à un moment précis ! A quelle heure ? Alors là, si vous cherchez sur Internet, c’est comme pour le coronavirus, vous trouverez tout et son contraire, surtout son contraire : ici, c’est à 2 H 49′ 36″, c’est à 4H50′, et , c’est dix minutes plus tôt. Peu importe, c’est passé, nous sommes au printemps 🙂 🙂 🙂 ! Je me sens revivre.

J’allais oublier… Tant que nous en sommes à évoquer les différents printemps qui existent, j’ai failli oublier les printemps musicaux, notamment celui de Vilvadi. Allez, je vous laisse en bonne compagnie jusque demain.

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Entrée / Sortie (BR2020-06)

Malgré la tempête qui sévit actuellement en Belgique, je suis fidèle au poste pour cette sixième participation au Projet 52 Photos. Le sujet proposé par Carole cette semaine est entrée ou sortie. Finalement tout n’est qu’une question de point de vue, l’entrée de l’un pouvant être la sortie d’un autre. Quoi qu’il en soit, j’aurais voulu savoir où cette entrée menait…

Psst : vous avez remarqué, je n’ai pas fouillé dans mes archives : cette photo date d’hier 😉 !


Mont Sainte-Marie à Mozet (Belgique) – 8 février 2020

Cette tour de guet romane date des XI-XIIe siècles. Cette belle tour rectangulaire est composée de quatre niveaux, mais a perdu sa flèche en 1876, suite à un ouragan. A l’origine, elle servait de tour de défense. De gros travaux pour la consolider ont été effectués à la fin du XXe siècle. Malheuresement, il s’agit d’une propriété privée, dont le propriétaire, afin de préserver la beauté du lieu, en a limité l’accès… Bref, c’est la photo d’une entrée interdite que je vous propose… 🙁

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Date palindromique

Ivan OLINSKY – Red-Headed Woman

Cette femme devant sa psyché, se prépare-t-elle à partir ou revient-elle ?
Et s’il y avait quelqu’un derrière elle ?
Dites en quelque chose lundi.
Que vous soyez à la place de l’une, de l’autre, des deux.
À vous de jouer.

Voici ce que nous proposait Le Goût des Autres pour notre vingt-cinquième devoir. Pour ma part, puisque j’ai fait mon devoir hier, date palindromique, j’en ai profité pour ajouter une contrainte supplémentaire : pendant le mois de février, tous mes atliers d’écriture devraient participer à une seule et même intrigue. D’où la nécessité de d’abord planter un peu le décor.


Est-ce parce qu’elle était née le premier janvier 2000 qu’Emilie était fétichiste des dates ? Très jeune, elle s’était persuadée que sa date de naissance était un signe du destin. Le problème, c’est que jusqu’à présent elle ne savait toujours pas le signe de quoi… En fait, depuis vingt ans, elle se cherchait sans se trouver. Son père, informaticien, l’avait affectueusement surnommée son bug de l’an 2000. Lorsqu’elle était en rogne, ce qui lui arrivait de plus en plus souvent, elle n’appréciait que très modérément…

Le onze décembre 2013, elle se décida à commencer à tenir son journal. Ce n’étaient pas les raisons qui manquaient. L’ambiance était de plus en plus tendue entre ses parents et elle se rendait compte qu’il ne faudrait plus attendre longtemps avant qu’ils ne décident de divorcer. Paradoxalement, alors que l’amour entre son père et sa mère se délitait, elle constatait que ses compagnons de classe la laissaient de moins en moins indifférente. Tout ceci la poussa donc à s’acheter un gros cahier ligné, sur la première page duquel elle écrivit soigneusement la date : 11.12.13. Cela faisait donc maintenant un peu plus de six ans qu’elle était diariste et, même si elle n’était pas souvent fière d’elle-même, elle se féliciatait de sa régularité.

A la date du premier janvier 2018, elle avait écrit :  » Aujourd’hui je suis majeure. Il est temps de savoir ce que je ferai de ma vie. Je serai médecin. » Elle n’avait jamais changé d’avis, même si son parcours avait été plus ardu que prévu.

Aujourd’hui, elle se regarde dans le miroir et trouve qu’elle a une sale tête. Elle se souvient qu’on est le trois février. Et donc que hier devait être le Grand Jour. Mais elle ne se souvient plus du déroulement de la journée d’hier… Pourtant, cela faisait plusieurs semaines qu’elle s’était mentalement préparée à ce premier week-end de février. Ils étaient nombreux à avoir décidé de fêter ensemble la fin de leur première session d’examens, avant de se remettre à travailler d’arrache-pied pour terminer l’année académique en beauté.

Elle savait au plus profond d’elle-même que le dimanche serait une journée qui marquerait à jamais sa vie. Il ne pouvait en être autrement avec une date palindromique : 02.02.2020. Depuis des jours, avant de se mettre au lit, elle lisait cette date de gauche à droite, puis de droite à gauche. Serait-ce ce jour-là qu’elle trouverait le grand amour ? Ou qu’elle perdrait ses illusions à défaut de sa virginité ?

Aujourd’hui, elle se regarde dans le miroir et se reconnaît à peine, tant ses traits sont tirés, son sourire amer. Elle ne se souvient plus de ce qui s’est passé hier. Elle ne sait même plus comment elle est rentrée dans sa chambre d’étudiante. Il ne lui reste plus aucun souvenir, il ne lui reste qu’une sourde migraine. Elle se masse l’arrière de la tête, mais rien à faire. Elle va devoir prendre une aspirine. Ou deux.

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Chaise / Banc (BR2020-05)

Déjà le cinquième thème proposé pour notre Projet 52 Photos. Vous ne trouvez pas qu’il est temps de se reposer un peu ? Carole nous propose donc de nous trouver un banc ou une chaise 😉 ! Si ma chaise ne vous suffit pas, allez donc vous asseoir chez les Bottes Rouges.

P.S. : vous avez remarqué ? Je n’ai pas fouillé dans mes archives 😉 !

Saint-Servais (Belgique) – 25 janvier 2020

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Six mois plus tard

Gustave Caillebotte – Jeune homme à la fenêtre (1876)

Que nous propose donc Le Goût des Autres pour notre devoir hebdomadaire ? Un tableau de Gustave Caillebotte, peintre français du XIXe siècle. Avec quelques éléments de réflexion :

Mais que regarde, qu’attend –ou non- cet homme à la fenêtre.
Je sais qu’il regarde par la fenêtre d’un appartement que je reconnais près de la gare Saint Lazare.
Attend-il ou regarde-t-il simplement cette femme qui s’éloigne du côté à l’ombre de cette rue ensoleillée ?
Si vous avez une idée de ce qui occupe ses pensées, dites le lundi.


Elle est entrée dans ma vie il y a six mois à peine. Le jour où j’ai fait sa connaissance, je n’imaginais pas quelle place importante elle allait occuper dans ma vie. Très vite, j’ai commencé à lui faire confiance. Une confiance aveugle. Avec le recul, je me dis que j’ai peut-être péché par excès de confiance, mais comment faire autrement ? N’est-il pas dans la nature humaine de croire en qui lui promet des lendemains qui chantent ? Nous avons commencé à nous voir de plus en plus souvent, jusqu’à plusieurs fois par semaine. J’ai progressivement retrouvé le goût du bonheur.

Il y a trois mois, elle a cessé de venir me voir. C’est alors moi qui allais lui rendre visite. Mais elle était très occupée, n’avait que peu de disponibilités, à peine le temps de me recevoir une fois toutes les deux semaines. Elle disait que c’était suffisant.

C’était il y a un mois que je l’avais vue pour la dernière fois. Notre entrevue a été plus courte que jamais. Avec un grand sourire, elle m’a souhaité bonne chance et m’a raccompagné jusqu’à la porte. C’est alors que j’ai commencé à avoir des doutes.

Quelle ne fut pourtant pas ma surprise de la voir débarquer chez moi cet après-midi. Sa bonne humeur de notre dernière rencontre avait totalement disparu, elle avait les yeux tristes et la bouche maussade. Et la voilà déjà partie. Je vais vers la fenêtre pour la regarder s’éloigner. Elle a quitté le côté ensoleillé de la rue et est passée du côté sombre de la vie. Certes, elle a voulu se montrer rassurante, mais cette fois je ne l’ai plus crue. Il est trop tard, me suis-dit. Trop tard pour recommencer à lutter contre plus fort que moi. Pourtant, elle m’a dit que nous allions à nouveau nous voir très souvent.

Cet après-midi, ma doctoresse est passée m’apporter les résultats de mes dernières analyses sanguines. Ils ne sont pas bons. J’ai à nouveau des métastases.

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