Après la répétition (Ingmar Bergman)

Après la répétition

de Ingmar Bergman

De et avec Georgia Scalliet et Frank Vercruyssen
(collectif de théâtre tg STAN)

Applaudi à Namur le 20 novembre 2019

L'auteur et l'histoire de la pièce

Peut-être avez-vous été surpris de voir apparaître le nom de Ingmar Bergman comme auteur de cette pièce de théâtre. En effet, Ingmar Bergmann, né à Uppsala le 14 juillet 1918 et mort le 30 juillet 2007 sur l'île de Farö s'est imposé comme l'un des plus grands réalisateurs de l'histoire du cinéma. Il est le premier cinéaste à obtenir la Palme des Palmes au Festival de Cannes en 1997.

Mais lui se voyait avant tout comme un homme de théâtre. Sa passion était d’écrire pour les comédiens des dialogues vifs, aiguisés, des phrases courtes comme dans la vraie vie.

Mon métier, c’est le théâtre : je suis d’abord un metteur en scène de théâtre. C’est au théâtre que j’ai connu ces amis : Strindberg, Macbeth, Faust, qui m’ont suivi et me suivront toute ma vie. Au théâtre, je traduis en chair, en sang, en matériaux visibles la vision d’un autre. C’est une des racines de ma création.

Ingmar Bergman

A l'origine, Bergman avait imaginé une correspondance entre une comédienne et son metteur en scène. Il a ensuite repris le script pour en faire un dialogue, et a créé Après la répétition comme téléfilm en 1984.

En bref

Henrik Vogler, metteur en scène vieillissant, est plongé dans ses souvenirs. Ceux du théâtre et de cette mise en scène de la pièce de Strindberg, 'Le Songe', qu'il monte pour la cinquième fois... Mais ses pensées sont interrompues par l'entrée d'Anna Egerman, une jeune comédienne passionnée qui, prétextant un bracelet qu'elle a oublié, en profite pour engager la conversation avec Henrik Vogler. Celui-ci, ayant été amoureux de sa mère par le passé, pourrait bien être son père : Anna a 23 ans et 3 mois soit le même âge que sa fille. Elle déteste sa mère Rakel, maintenant décédée, et qui joua, comme elle aujourd'hui, la fille d'Indra pour la mise en scène de Vogler.

Mon avis :

Voilà une pièce bien intéressante pour l'amateur de théâtre que je suis, acteur amateur à mes heures de surcroît. Que se passe-t-il après les répétitions ?

Si je n'ai pas été complètement emballé par cette pièce, ce n'est certainement pas à cause de l'interprétation en tous points remarquables, avec une mention particulière pour Georgia Scaillet, passant du rôle d’Anna à celui de Raquel, avec une aisance admirable. Anna est une jeune comédienne fougueuse, Rakel quant à elle est perturbée, dans un état psychologique fragile. Point commun : elles expriment toutes deux, quoique à des degré divers, des doutes sur leurs capacités à jouer. Alors, est-ce le texte lui-même ? Toujours est-il que je n'ai pas ressenti de véritable émotion. J'ai assisté à une représentation intellectuellement admirable, mais qui finalement m'a presque laissé de marbre.

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La bonne adresse (Marc Camoletti)

La bonne adresse

de Marc Camoletti

Mise en scène : Pierre-Olivier Bouquegneau

Applaudi à Namur le 15 novembre 2019

En bref

Une ancienne star de music-hall possède un somptueux appartement en ville. Elle y habite avec deux artistes, une peintre et une pianiste, qui lui louent une chambre. Désirant se retirer à la campagne, elle met une petite annonce pour louer son appartement.

Dans le même temps la pianiste met une autre annonce pour trouver des élèves. La peintre cherche un modèle pour poser nu et rédige également une annonce. De son côté, la bonne de la star met aussi une annonce pour chercher un fiancé.

Ces annonces ont donc 4 buts différents mais se ressemblent car elles sont rédigées en abrégé avec un dénominateur commun : PPS. Les quiproquos peuvent commencer...

Mon avis :

Avec Marc Camoletti, il n'y a aucun souci à se faire : la soirée devait (normalement) être bonne. En effet, on sait que la bonne humeur sera au rendez-vous et que l'on ne risque pas d'attraper la migraine. En fait, je connaissais très peu cet auteur. Surtout de réputation. Je n'ai même jamais vu Boeing Boeing, inscrit au Guinness Book des records comme la pièce française la plus jouée dans le monde. Je n'avais jamais vu que Duos sur canapé, il y a une dizaine d'années, et j'en gardais un excellent souvenir. Ce vendredi était donc l'occasion de terminer la semaine en beauté.

Il ne faut bien sûr jamais oublier que pour qu'une soirée au théâtre soit bonne, il faut la conjonction de deux réussites : celle du texte et celle de l'interprétation.

Comme je l'ai dit, en ce qui concerne le texte, je savais à quoi m'attendre : une comédie de boulevard dont l'humour comique est basé sur des quiproquos en série. Et sur ce point, je n'ai été ni surpris ni déçu : la mécanique est bien huilée, les situations comiques s'enchaînent sans temps mort, ponctuées de-ci de-là d'un bon mot.

Quant à l'interprétation, c'était le suspense ! En effet, si le metteur en scène peut être qualifié de professionnel, les acteurs, eux, étaient tous des amateurs. Et qui plus est, des amateurs dont pour la plupart c'était la première montée sur scène ! En fait, le spectacle était un véritable défi, organisé à l'occasion du trentième anniversaire d'un centre de soins palliatifs. Les acteurs étaient donc des membres du personnel et des bénévoles. Défi relevé bien avant les trois représentations, puisqu'elles étaient toutes sold out, alors que la salle pouvait accueillir plus de deux cents spectateurs chaque soir. C'est dire si la pression était forte et le stress à son comble avant la première représentation. Il y eut bien sûr au début l'un ou l'autre moment de flottement, l'un ou l'autre trou, mais dans l'ensemble la prestation fut - n'ayons pas peur des mots - extraordinaire. Si je suis aussi enthousiaste, c'est qu'il faut savoir que ce n'est vraiment pas une pièce facile pour débuter sur les planches, surtout pour les rôles masculins, qui terminent tous les quatre en slip... Ah oui, j'oubliais aussi de vous dire que la moyenne d'âge des acteurs était nettement plus élevée que ce que l'auteur imaginait, le doyen affichant quatre-vingt-et-un ans au compteur.

Vraiment chapeau ! Ils ont pleinement mérité l'ovation qu'ils ont reçue !

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L'heureux élu (Eric Assous)

L'heureux élu

de Eric Assous

Avec Christel Pedrinelli, Nicole Oliver, Frédéric Nyssen, David Leclercq et Pierre Pigeolet
(Le Théâtre des Galeries)

Mise en scène : Martine Willequet

Applaudi à Namur le 19 juillet 2019

En bref

Ce soir, Greg et Mélanie, quadragénaires de gauche (osons le mot, carrément bobos), reçoivent Jeff, lui aussi quadragénaire de gauche. Ce dernier offre toutefois la particularité d'être au chômage et d'avoir hérité d’une fortune suffisante pour le mettre à l'abri du besoin, mais qui ne le rend pas heureux pour autant. Juste avant son arrivée, Charline, une amie de longue date de Mélanie (et ancienne "petite amie" de Jeff) refait surface après une longue absence à New York et s'invite carrément chez ses amis. Mais elle ne vient pas seule ! Elle vient avec son fiancé, Noël, l'homme de sa vie. Le mariage est prévu dans deux mois. Avant de le présenter à ses meilleurs amis, elle précise qu’il est un peu spécial. En effet, il est beau, riche, raffiné mais il pense « différemment » … Les spectateurs se rendront vite compte que, plus explicitement, cela signifie de manière politiquement incorrecte. Alors, que faire ? Respecter son choix ? Ou rejeter « l’heureux élu » ?

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