Deux mois que je suis pensionné. Je regarde en arrière, et je m'étonne. Il ne me semble pas avoir plus de temps libre que lorsque je travaillais, peut-être même moins. Pour s'en convaincre, il suffit de faire le compte de ma présence active dans la blogosphère : onze articles dans mon blog sur deux mois. Et je ne profite certainement pas de plus de grasses matinées. Alors, quoi ?
D'accord, j'ai sans doute consacré un peu plus de temps à la lecture, je tiens la moyenne des trente-cinq pages quotidiennes. Mais cela n'explique pas grand chose. Par contre, il faut bien constater que remplacer un travail rémunéré par du bénévolat n'aide pas beaucoup celui qui veut dégager du temps libre. Bon, d'accord, je ne suis pas bénévole à plein temps, mais le secrétariat de l'unité scoute me prend quand même pas mal de temps. Par ailleurs, je me suis inscrit à deux cours à l'Université du Troisième Age. Bref, je continue à courir après le temps... Et dire que je comptais sur la pension pour enfin trouver le temps d'écrire un roman. Je n'ai pas écrit le moindre mot de celui-ci. Pis, en ce qui concerne l'écriture, j'écris moins maintenant ! Seulement trois malheureuses petites participations aux ateliers d'écriture de Olivia.

Bref, il est temps de réagir ! Je considère les deux mois qui viennent de s'écouler comme une période de transition. Maintenant que l'acclimatation à mon nouveau statut est (du moins je l'espère) terminée, il faut que je me remette le pied à l'étrier.
Mais pour aller dans quelle direction ? J'ai beaucoup réfléchi à cette question au cours des deux derniers mois. J'en suis arrivé à la conclusion que le Travail (notez la majuscule, pour insister sur l'importance de cette vertu) est un magnifique écran de fumée qui m'a bien protégé contre l'angoisse existentielle. Je ne dis pas que j'ai dû attendre l'âge de soixante-trois ans pour me poser la question du sens de ma vie, mais quand je travaillais, je n'avais pas assez de temps pour prendre suffisamment de recul afin de me poser ce genre de question, la reportant sans cesse à plus tard. Et quand la pension arrive, non seulement on se sent brusquement basculer du côté de la vieillesse, mais il ne m'est désormais plus possible de faire l'impasse sur la question de savoir ce que je vais faire du reste de ma vie. D'autant que je ne sais même pas si elle sera encore longue, nous sommes finalement si peu de choses...

Première certitude, je veux conscrer une bonne partie de mon temps à la philosophie. D'où mon inscription au cours de philosophie à l'UTA. Deuxième certitude : en profiter pour voyager. Notre séjour à Madagascar fin octobre début novembre n'a pu se faire, mais nous réfléchissons maintenant sérieusement à un voyage au Vietnam fin mars début avril. Sans compter bien sûr l'un ou l'autre city trip européen ;-). Troisième certitude, je n'ai pas envie de rester dans mon fauteuil devant la télévision, j'ai besoin d'encore me sentir utile, et je continuerai donc à assumer bénévolement l'une ou l'autre activité, en veillant toutefois à ne pas me laisser manger par celle-ci. Et enfin, je suis plus que jamais décidé à consacrer une bonne partie de mon temps à ma passion, la culture ;-). De manière "passive" (lecture, spectacles, visites d'expos) mais aussi (et surtout ?) active : théâtre, photographie. Et écriture. La question bien évidemment est de savoir quelle importance relative accorder à chacune de ces activités ! L'écriture ne devrait-elle pas être en pole position ? J'ai bien envie de répondre par l'affirmative, tant j'ai - depuis toujours, ai-je envie d'écrire - la conviction que j'avais la vocation d'être écrivain. Je me revois, vers sept ou huit ans, en train de commencer mon premier roman. Ce devait être un western, mais je ne me souviens pas d'avoir écrit plus de deux ou trois paragraphes. Puis la roue de la vie a tourné, et j'ai eu le "malheur" d'être trop doué en mathématique, et ma vie professionnelle s'est donc orientée vers une carrière de scientifique : chercheur en physique, en mathématique, chef de projets informatiques, enseignant en sciences et en informatique. Mais toujours, chevillé au corps cet impérieux attrait de la littérature.
J'ai bien une dizaine d'articles en retard d'écriture sur ce blog, essentiellement des critiques de livres lus, et je me rends compte que le personnage central des livres qui m'ont vraiment enthousiasmé est à chaque fois un ou une écrivain : Dernière nuit à Twisted river (John Irving), Mon chien stupide (John Fante), Par les routes (Sylvain Prudhomme) et Miss Islande (Auður Ava Ólafsdóttir). Pour l'amateur de synchronicité que je suis, c'est un signe.

Le problème, c'est la procrastination, le manque d'organisation et d'obstination ! J'ai donc décidé d'essayer de vaincre le signe indien en m'inscrivant au NaNoWriMo. Keksekça ? Je vous renvoie à Wikipedia :

NaNoWriMo pour National Novel Writing Month (en français « mois national d'écriture de roman »), est un projet d'écriture créative dans lequel chaque participant tente d'écrire un roman de 50 000 mots – soit environ 175 pages – en un seul mois. Le projet a débuté aux États-Unis en juillet 1999 avec 21 participants, se tient chaque année en novembre depuis 2000. En dépit de son nom, le projet est maintenant de portée internationale. En 2005, 59 000 personnes se sont inscrites, dont 10 000 ont atteint le but fixé. En 2017, plus de 306 000 personnes ont participé au challenge et plus de 34 000 ont atteint l'objectif des 50 000 mots.

Mais en ce qui me concerne, pour ma première participation, ce sera en mode rebelle. Car je me connais : écrire un roman en un mois, alors que j'essaie sans succès d'en rédiger un depuis vingt ans, je n'y arriverai pas, et cet échec ne fera que me renforcer dans mon auto-dénigrement, me convaincre que je n'y arriverai jamais. Autrement dit, j'ai choisi un autre objectif : consacrer soixante heures à l'écriture durant ce mois de novembre, soit deux heures par jour en moyenne. On verra à combien de mots cela correspondra. Et d'autre part, en terme d'objet d'écriture, je donnerai priorité à ce blog, m'obligeant à un billet quotidien. Le reste du temps sera quand même consacré à l'écriture d'un roman proprement dit, mais je ne sais pas encore si je reprendrai l'ébauche de roman que je laisse végéter dans un tiroir depuis tant d'années ou si je me lancerai dans la rédaction d'un autre, dont je n'entrevois actuellement que quelques lignes directrices.
Quoi qu'il soit, aujourd'hui, j'ai écrit pendant une heure quart et j'ai produit mille cent dix mots (rassurez-vous, j'ai bien décompté la citation de Wikipedia) alors que pour tenir l'objectif de 50.000 mots sur le mois, il en faut une moyenne de mille six cent soixnte-sept.
A demain, si vous le voulez bien !

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