Des mots, une histoire : petit exercice d'écriture proposé par Olivia : rédiger un texte contenant une série de mots imposés, choisis par les internautes. La pêche de cette semaine : matin – bonheur – départ – reprise – éclaircie – contrarier – s’attacher

Ce matin, je me suis levée de bonheur. Je vois d'ici les esprits chagrins froncer les sourcils et me désigner à la vindicte des grammairiens, mais ce que je viens d'écrire est parfaitement correct ! Il ne vous est jamais arrivé de vous réveiller et de vous lever, poussés par la faim ou la soif, afin de grignoter un bout de chocolat ou boire un verre d'eau ? Eh bien moi, ce matin, j'ai été tirée de mon lit par l'irrépressible envie de voir le soleil se lever sur mon bonheur retrouvé, que rien, je l'espère, ne viendra contrarier.
Je ne me reconnais plus. Depuis mon divorce, il y a cinq ans, je ne cessais de broyer du noir. Sans doute suis-je une mauvaise fleuriste : dans un bouquet, aveugle aux roses, je ne remarquais que les épines.
Aussi, quand hier soir mon voisin est venu sonner à la porte de la maison, je me suis demandé quelle mouche l'avait piqué pour venir me déranger si tard. En fait, c'était plutôt une de mes abeilles qui avait piqué sa compagne. Dans un premier temps, je me suis dit que c'était bien fait pour la greluche, mais il exigeait que je déplace mes ruches de l'autre côté du jardin.
Mes mots dépassent la réalité (sauf pour la greluche) : il n' a rien exigé du tout, tout au plus m'a-t-il demandé s'il ne serait pas, éventuellement, possible, si cela ne me dérangeait pas trop, de changer mes ruches de place. Et encore, il ne m'a pas adressé cette cette demande immédiatement. Il a d'abord pris le temps de me souhaiter la bienvenue, regrettant qu'en six mois nous n'ayons pas encore eu le temps de faire connaissance. Je lui ai expliqué que j'avais hérité de cette maison, inhabitée depuis dix ans, au décès de mon oncle il y a deux ans, mais que je n'avais pas les fonds nécessaires pour la remettre en état et la rendre habitable. Heureusement, au début de cette année, grâce à la reprise économique qui se dessinait, j'ai pu négocier un emprunt à la banque pour financer les travaux d'aménagement.
Quand est venu le moment du départ de Christophe, je ne savais plus quoi dire, sinon que j'allais déplacer les ruches dès le lendemain. Mais il s'est tout de suite proposé de venir m'aider à le faire ce soir, que ce serait plus facile à deux, et surtout plus agréable.
Bien évidemment, la question qui va me hanter ces prochains jours, c'est de savoir s'il va s'attacher à moi. Mais après tout, qu'importe, le plus important n'est-il pas que je me sois rendu compte que je pouvais encore séduire ? Une véritable éclaircie dans la morosité de ma vie actuelle !

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