Psittacidé

Des mots, une histoire : petit exercice d'écriture proposé par Olivia : rédiger un texte contenant une série de mots imposés, choisis par les internautes. La pêche de cette semaine : procrastiner – drapeau – ara – boîte – séparément – capharnaüm – taquiner


Episode 1 : Sale clébard Episode 2 : Allergies Episode 3 : Pause de midi Episode 4 : Eric Episode 5 : Julie Episode 6 : Prochain départ
Episode 7 : Paraskevidékatriaphobie

Carine non plus ne souffrait pas de paraskevidekatriaphobie. Pourtant, elle aurait dû. Mais voilà, elle ne connaissait pas ce mot, et on ne craint pas ce que l’on ne connaît pas. Ce vendredi 13 septembre fut pourtant à marquer d’une pierre noire. Comme tous les vendredis, elle était sortie joyeusement faire son jogging hebdomadaire avec Médor. Elle avait à peine couru deux kilomètres que la semelle de sa chaussure droite se décolla brusquement, l’empêchant d’encore courir et l’obligeant à rentrer plus tôt que d’habitude.

Pourquoi elle regarda d’abord par la fenêtre plutôt que de rentrer immédiatement, elle se poserait éternellement la question. Intuition féminine ? Prescience d’une catastrophe ? Toujours est-il qu’elle vit que Christophe n’était pas seul, mais en compagnie de leur voisine Julie. Elle les surprit à se taquiner, à se lutiner, à s’embrasser. C’était plus qu’elle ne pouvait en supporter. Elle les empêcha d’aller plus loin en claquant la porte d’entrée et en rentrant bruyamment. Julie s’éclipsa sans demander son reste. Quant à Christophe, il se mit à pleurer, à hisser le drapeau blanc, à supplier Carine de lui pardonner son moment d’égarement. Mais Carine, blessée dans son orgueil, fut inflexible.

Ils convinrent donc de vivre séparément quelques semaines, le temps de faire le point. Il n’était plus l’heure de procrastiner : elle partit sur le champ. Elle entassa quelques vêtements dans une valise, quelques romans qu’elle n’avait pas encore lus dans une boîte, et partit s’installer d’abord chez une amie, puis dans un studio qu’elle avait trouvé sur Internet, qu’elle pouvait louer à la semaine.

Presque un mois plus tard, après avoir pleuré toutes les larmes de son corps, elle n’en pouvait plus de solitude. Il lui vint bien la tentation de rentrer à la maison, mais rien que l’idée du capharnaüm qu’elle était certainement devenue sous la houlette de Christophe la fit reculer.

En attendant, il lui fallait une compagnie. Eric était à l’étranger. Ses amies l’évitaient, prétendant qu’elle portait la poisse. Il ne lui restait plus que Médor.

Malheureusement, le propriétaire du studio lui avait bien précisé que tout animal de compagnie était formellement interdit, à l’exception des oiseaux et des poissons rouges. C’est donc la mort dans l’âme qu’elle dut confier Médor à sa mère. Comme elle n’envisageait pas la vie sans la moindre compagnie, et que les poissons rouges la rendaient neurasthénique, elle choisit un psittacidé, ce fut vite décidé. Un perroquet hilare, c'est rare, mais c’est pourtant ce que Carine acheta à un japonais suicidaire : un ara qui rit.

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Paraskevidékatriaphobie

Des mots, une histoire : petit exercice d'écriture proposé par Olivia : rédiger un texte contenant une série de mots imposés, choisis par les internautes. La pêche de cette semaine : kiosque – matinal – révolte – tresser – émotion – aléatoire

Ce matin, je me suis levée de bonne heure. Si, si. Moi qui ne suis guère matinale, j'avais fait sonner mon réveil très tôt, tant je voulais profiter de cette journée de congé.

Non, aujourd'hui, pas de kiosque pour moi, je ne vendrai pas de fleurs à tous ces amoureux transis qui croient cacher habilement leurs infidélités en offrant à leur compagne des bouquets de roses.

Non, aujourd'hui, je suis en révolte contre toutes les superstitions, je veux vaincre le signe indien. Fini pour moi d'éviter de passer sous les échelles ou de traverser la rue pour éviter de croiser un chat noir.

Non, aujourd'hui sera mon jour de chance. Pas question toutefois pour moi de jouer au Lotto : le résultat est trop aléatoire.

Non, aujourd'hui, sera le jour de ma victoire. En tout cas sur ma timidité. Rien que d'y penser, l'émotion me submerge. Pour peu, je me tresserais des couronnes.

Non, aujourd'hui, je saurai si le film que je me fais depuis deux semaines a des chances de se réaliser. Je guette par la fenêtre la maison voisine. Dès que je verrai sa propriétaire en sortir accompagnée de son chien, prête pour son jogging quotidien, j'irai en douce sonner chez Christophe. Deux semaines que nous ne nous sommes plus vus. Alors, il est temps pour moi de savoir.

Non, aujourd'hui, vendredi treize, je ne souffre pas de paraskevidekatriaphobie !

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Prochain départ

Des mots, une histoire : petit exercice d'écriture proposé par Olivia : rédiger un texte contenant une série de mots imposés, choisis par les internautes. La pêche de cette semaine : noisette – avenue – voisins – république – rentrée – aimer – résignation – explorer – aventure

Il faut toujours se méfier de ses voisins, surtout quand c'est une voisine et qu'on est une femme. Voilà ce que venait de dire Carine à Eric le lendemain de leurs retrouvailles, avec beaucoup de résignation dans la voix. Ils étaient assis à la même table du même snack que la veille, comme si déjà une habitude se recréait entre eux. Elle n'avait pas faim, mais prit quand même un morceau de pain, qu'elle tartina machinalement d'une noisette de beurre.

Comme la veille, Eric fut tenté de poser sa main sur celle de Carine, mais aujourd'hui, il céda à la tentation. Carine ne retira pas sa main. Elle détourna toutefois son regard, cherchant au-delà de la vitre, dans l'animation de l'avenue Cardinal Mercier, un dérivatif à ses préoccupations. Rien à faire. Alors, pour se donner une contenance, elle changea de sujet, demandant à Eric comment avançaient ses recherches sur les coléoptères.

Pas mal. Son directeur de thèse insistait pour qu'il aille explorer la jungle d'une république bananière, pour en ramener l'un ou l'autre spécimen de capricorne.

Quelle aventure, murmura-t-elle. Parfois, je t'envie. Mon seul horizon à moi, c'est la rentrée scolaire de la semaine prochaine.

Aimer aussi est une aventure, ne put-il s'empêcher de répondre, se maudissant d'utiliser un tel cliché. Pour se faire pardonner, il pressa plus fort la main de Carine, qui cette fois osa le regarder dans les yeux. Reviens vite, souffla-t-elle avant d'éclater en sanglots.

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Julie

Des mots, une histoire : petit exercice d'écriture proposé par Olivia : rédiger un texte contenant une série de mots imposés, choisis par les internautes. La pêche de cette semaine : matin – bonheur – départ – reprise – éclaircie – contrarier – s’attacher

Ce matin, je me suis levée de bonheur. Je vois d'ici les esprits chagrins froncer les sourcils et me désigner à la vindicte des grammairiens, mais ce que je viens d'écrire est parfaitement correct ! Il ne vous est jamais arrivé de vous réveiller et de vous lever, poussés par la faim ou la soif, afin de grignoter un bout de chocolat ou boire un verre d'eau ? Eh bien moi, ce matin, j'ai été tirée de mon lit par l'irrépressible envie de voir le soleil se lever sur mon bonheur retrouvé, que rien, je l'espère, ne viendra contrarier.
Je ne me reconnais plus. Depuis mon divorce, il y a cinq ans, je ne cessais de broyer du noir. Sans doute suis-je une mauvaise fleuriste : dans un bouquet, aveugle aux roses, je ne remarquais que les épines.
Aussi, quand hier soir mon voisin est venu sonner à la porte de la maison, je me suis demandé quelle mouche l'avait piqué pour venir me déranger si tard. En fait, c'était plutôt une de mes abeilles qui avait piqué sa compagne. Dans un premier temps, je me suis dit que c'était bien fait pour la greluche, mais il exigeait que je déplace mes ruches de l'autre côté du jardin.
Mes mots dépassent la réalité (sauf pour la greluche) : il n' a rien exigé du tout, tout au plus m'a-t-il demandé s'il ne serait pas, éventuellement, possible, si cela ne me dérangeait pas trop, de changer mes ruches de place. Et encore, il ne m'a pas adressé cette cette demande immédiatement. Il a d'abord pris le temps de me souhaiter la bienvenue, regrettant qu'en six mois nous n'ayons pas encore eu le temps de faire connaissance. Je lui ai expliqué que j'avais hérité de cette maison, inhabitée depuis dix ans, au décès de mon oncle il y a deux ans, mais que je n'avais pas les fonds nécessaires pour la remettre en état et la rendre habitable. Heureusement, au début de cette année, grâce à la reprise économique qui se dessinait, j'ai pu négocier un emprunt à la banque pour financer les travaux d'aménagement.
Quand est venu le moment du départ de Christophe, je ne savais plus quoi dire, sinon que j'allais déplacer les ruches dès le lendemain. Mais il s'est tout de suite proposé de venir m'aider à le faire ce soir, que ce serait plus facile à deux, et surtout plus agréable.
Bien évidemment, la question qui va me hanter ces prochains jours, c'est de savoir s'il va s'attacher à moi. Mais après tout, qu'importe, le plus important n'est-il pas que je me sois rendu compte que je pouvais encore séduire ? Une véritable éclaircie dans la morosité de ma vie actuelle !

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Eric

Des mots, une histoire : petit exercice d'écriture proposé par Olivia : rédiger un texte contenant une série de mots imposés, choisis par les internautes. La pêche de cette semaine : rien - repos - tout - rayon - réparer - annonciateur

Quand je l'ai vue ce matin, elle avait son regard des mauvais jours, annonciateur d'une nouvelle déception. Elle a bien sûr nié, mais croyez-moi, les chagrins d'amour, j'en connais un rayon, et je me suis dit qu'entre elle et Christophe, il devait y avoir un peu d'eau dans le gaz. L'opportunité de réparer notre relation, à laquelle j'ai eu le tort de mettre fin il y a cinq ans ? Peut-être... Alors je l'ai invitée à manger un bout avec moi ce midi. Le repas terminé, elle savourait son cappucino, en parlant de tout et de rien, mais surtout pas de Christophe. Quand je lui ai parlé de ses yeux rougis, elle m'a dit que c'était parce qu'elle avait mal dormi. Une nuit blanche à cause d'une piqûre d'abeille. Rien de grave, m'a-t-elle assuré. Non, non, pas de choc anaphylactique, comme la veille du jour où nous avions rompu. J'ai failli poser ma main sur la sienne, l'ai retirée au dernier moment et lui ai seulement dit que ce dont elle avait surtout besoin actuellement, c'était de repos. Et que nous pourrions reprendre cette conversation demain ? D'accord m'a-t-elle dit : même lieu, même heure.

J'y serai !

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Pause de midi

Des mots, une histoire : petit exercice d'écriture proposé par Olivia : rédiger un texte contenant une série de mots imposés, choisis par les internautes. La pêche de cette semaine : cappuccino – manger – indemne – musique – soulager – ombre – inviter

J'ai très mal dormi cette nuit. Heureusement, pas en raison de ma piqûre d'abeille, puisque j'en suis finalement sortie indemne. Mais je dois bien reconnaître qu'hier soir, je me suis comportée comme une sale gosse capricieuse ! Il n'y avait vraiment aucune urgence à envoyer Christophe chez notre voisine. Qu'est-ce qui m'a pris ? Voulais-je simplement me venger de son indifférence à mon égard ?

Dès qu'il est sorti, je m'en suis voulu, et de rage me suis mise au lit. Pour tenter de soulager ma rancoeur, j'ai écouté un peu de musique, mais rien à faire, impossible de trouver le sommeil.

Quand il est finalement rentré (bien trop tard à mon goût), j'ai fait semblant de dormir. Il s'est rapidement glissé entre les draps et m'a tendrement enlacée, tout en m'embrassant dans le cou. Je l'avoue : nous avons fait l'amour et j'y ai pris énormément de plaisir.

Il y avait toutefois une ombre au tableau : derrière son haleine de dentifrice, j'ai reconnu l'odeur de la cigarette. Christophe et le tabac, c'est une longue histoire. Quand je l'ai connu il y a deux ans, il s'était remis à fumer, après cinq ans d'abstinence, tant il vivait mal le fait que sa copine de l'époque l'ait largué. Quand j'ai emménagé chez lui, par amour pour moi, il a de nouveau cessé de fumer. Mais chaque fois qu'il rencontre une angoisse existentielle (décès de sa mère, nouveau boulot, ...) il rechute pendant quelques jours, le temps d'intégrer le changement.

A force de ruminer, minée par le doute, je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Au lever, j'étais crevée et j'ai passé la matinée comme un zombie. Je me demande comment j'ai pu réussir à travailler correctement. Et ce n'est pas ce cappuccino, pris après le repas de midi, qui va suffire pour me requinquer ! Je le regarde, assis devant moi, et je ne parviens pas à décrypter son regard. Que souhaite-t-il vraiment ? Faire la paix avec moi ? Pour que nous soyons à nouveau bons amis ? Ou, mieux, renouer avec moi et reconstruire notre relation ?

Après tout, qu'importe. Il m'a avoué qu'il y avait longtemps qu'il se proposait de m'inviter à manger un morceau avec lui. Et aujourd'hui, il s'est enfin décidé à le faire ! Merci Eric ! Tu as sauvé ma journée.

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Allergies

Des mots, une histoire : petit exercice d'écriture proposé par Olivia : rédiger un texte contenant une série de mots imposés, choisis par les internautes. La pêche de cette semaine : ruchedoléancesinterprètefleuristecitronévénementabsence. En route donc pour le deuxième épisode des aventures de Carine et de Christophe.

Quand je suis rentré du boulot tout à l'heure, c'est Médor qui m'a accueilli, avec force jappements de joie, truffe humide et langue pendante. Ce n'est pas le style d'accueil que je préfère - vous savez maintenant ce que je pense de ce clébard - mais en l'absence de Carine, j'étais bien obligé de me contenter de l'accueil que je recevais, fût-ce celui d'un animal honni.

Mais je me trompais en croyant que Carine n'était pas encore rentrée. C'est en pénétrant dans le salon que je me suis rendu compte de ma méprise : elle était affalée au fond d'un fauteuil, serrant dans sa main droite son avant-bras gauche, le fixant de ses yeux rougis d'avoir trop pleuré. Elle avait beau me tirer la tête depuis notre altercation de la semaine dernière, je n'ai pu m'empêcher de me précipiter à ses côtés, afin de recueillir ses doléances.

- Regarde ! Là ! Tu vois comme cela gonfle ? Je viens de me faire piquer par une abeille.

- Si ce n'est que cela, rien de grave, je vais chercher un demi citron pour te frictionner. Il paraît que c'est radical pour soulager ce type de douleur.

- Inutile ! Le problème, ce n'est pas la douleur ! Je ne te l'ai jamais dit ? Je suis allergique aux piqûres de guêpes et d'abeilles. Il y a cinq ans, j'ai déjà frôlé un choc anaphylactique !

Sur ces mots, Carine s'est remise à pleurer de plus belle. Heureusement, l'abeille n'avait pas laissé son dard, ni donc son venin, dans le bras de ma compagne, et il y avait plus de peur que de mal.

Mais justement, la peur est mauvaise conseillère ! En me menaçant de ne plus m'adresser la parole si je n'obtempérais pas, Carine a exigé que j'aille trouver notre voisine, pour me faire l'interprète de sa colère.

Je ne connaissais pas bien Julie, notre voisine. Il y a seulement six mois qu'elle vient d'acheter la maison à côté de la nôtre, qui était restée à l'abandon pendant plus de dix ans. Vous imaginez l'événement que cela avait représenté pour notre quartier ! Non seulement la maison avait repris l'air coquet qu'elle avait perdu depuis longtemps, mais, surtout, le grand jardin à l'arrière était enfin entretenu. Finis les chardons et les ronces. Fleuriste de profession, Julie les avait remplacés par mille et une plantes aux fleurs plus colorées et plus mellifères les unes que les autres. Et dans la foulée, elle avait installé trois ruches à la limite de notre jardin.

Bref, j'avais été chargé par Carine de négocier avec Julie le déplacement de ces ruches de l'autre côté de son jardin, le plus loin possible du nôtre.

Je rentre à l'instant de chez Julie. Les négociations ont été longues, Carine est déjà au lit, endormie. Je n'avais jamais fait qu'entrevoir Julie depuis son emménagement : elle est bien plus jeune et beaucoup plus jolie que je le croyais. Elle a finalement accepté de déplacer ses ruches. Elle est vraiment charmante, mais je ne suis pas certain que Carine aurait eu la même force de persuasion.

Il y a juste une chose que j'ai oublié de de lui demander, c'est si elle possède un chien. Car je suis allergique aux chiens !

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Sale clébard !

Des mots, une histoire : petit exercice d'écriture proposé par Olivia : rédiger un texte contenant une série de mots imposés, choisis par les internautes. La pêche de cette semaine : canicule – expert – clébard – cuisine – conte – émouvoir

Nous ne regardons pas souvent la TV. Pas le temps. Carine toujours en train de courir dans le bois voisin, attachée à son chien comme si elle avait peur de le perdre. Et moi toujours en train de jouer sur ma PlayStation.

Il n'y a que le bulletin météo qui nous réunit autour du petit écran. Au moins, là, nous sommes en général d'accord entre nous, le temps qu'on a, c'est un temps pourri, et celui qu'on nous annonce, c'est encore pis.

Bref, voilà t'y pas que le grand gugusse de la Une se met à nous expliquer le comment du pourquoi de la canicule. Et que je te conte plein de bobards qui nous font oublier qu'il fait bien trop chaud pour la saison ! Moi je dis que ceux qui se prétendent plus chaud que le climat doivent être complètement cramés à l'heure qu'il est.

Moi, ce météorologue, expert auto-proclamé en coups de chaleur, il m'a donné soif, et je suis allé me chercher une bière bien fraîche à la cuisine. Mais à peine avais-je ouvert la porte du frigo que le clébard de ma compagne s'est rué sur moi, pour essayer d'introduire son sale museau dans le frigidaire. Pas pour se le rafraîchir, mais pour attraper le pilon de poulet restant du barbecue d'hier, sur lequel j'avais les mêmes vues que lui. J'ai réussi à refermer le frigo juste à temps pour le poulet, mais je n'avais même pas eu le temps de prendre ma bière. Et lui, comme un gros niais me regardait de son air le plus malheureux, espérant sans doute m'émouvoir.

" Dis donc, tu veux bien rappeler ton sale clebs, que je puisse me servir dans le frigo sans qu'il vienne y fourrer sa sale gueule ? "

C'était bien sûr LA chose à ne pas dire : Carine a horreur que l'on critique son chien.

" Allez Médor - oui, ma compagne a beaucoup d'imagination ! - viens, on va se promener et laisser ce gros con insensible s'abrutir devant son écran. "

Aussitôt dit, aussitôt fait, je n'avais pas eu le temps de rouvrir le frigo qu'elle était déjà dehors avec Médor, non sans avoir auparavant claqué violemment la porte de la maison. Décidément, ma remarque avait jeté un froid entre nous. Bah, en ces temps de canicule, un peu de fraîcheur est toujours bon à prendre.

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