La bonne adresse

de Marc Camoletti

Mise en scène : Pierre-Olivier Bouquegneau

Applaudi à Namur le 15 novembre 2019

En bref

Une ancienne star de music-hall possède un somptueux appartement en ville. Elle y habite avec deux artistes, une peintre et une pianiste, qui lui louent une chambre. Désirant se retirer à la campagne, elle met une petite annonce pour louer son appartement.

Dans le même temps la pianiste met une autre annonce pour trouver des élèves. La peintre cherche un modèle pour poser nu et rédige également une annonce. De son côté, la bonne de la star met aussi une annonce pour chercher un fiancé.

Ces annonces ont donc 4 buts différents mais se ressemblent car elles sont rédigées en abrégé avec un dénominateur commun : PPS. Les quiproquos peuvent commencer...

Mon avis :

Avec Marc Camoletti, il n'y a aucun souci à se faire : la soirée devait (normalement) être bonne. En effet, on sait que la bonne humeur sera au rendez-vous et que l'on ne risque pas d'attraper la migraine. En fait, je connaissais très peu cet auteur. Surtout de réputation. Je n'ai même jamais vu Boeing Boeing, inscrit au Guinness Book des records comme la pièce française la plus jouée dans le monde. Je n'avais jamais vu que Duos sur canapé, il y a une dizaine d'années, et j'en gardais un excellent souvenir. Ce vendredi était donc l'occasion de terminer la semaine en beauté.

Il ne faut bien sûr jamais oublier que pour qu'une soirée au théâtre soit bonne, il faut la conjonction de deux réussites : celle du texte et celle de l'interprétation.

Comme je l'ai dit, en ce qui concerne le texte, je savais à quoi m'attendre : une comédie de boulevard dont l'humour comique est basé sur des quiproquos en série. Et sur ce point, je n'ai été ni surpris ni déçu : la mécanique est bien huilée, les situations comiques s'enchaînent sans temps mort, ponctuées de-ci de-là d'un bon mot.

Quant à l'interprétation, c'était le suspense ! En effet, si le metteur en scène peut être qualifié de professionnel, les acteurs, eux, étaient tous des amateurs. Et qui plus est, des amateurs dont pour la plupart c'était la première montée sur scène ! En fait, le spectacle était un véritable défi, organisé à l'occasion du trentième anniversaire d'un centre de soins palliatifs. Les acteurs étaient donc des membres du personnel et des bénévoles. Défi relevé bien avant les trois représentations, puisqu'elles étaient toutes sold out, alors que la salle pouvait accueillir plus de deux cents spectateurs chaque soir. C'est dire si la pression était forte et le stress à son comble avant la première représentation. Il y eut bien sûr au début l'un ou l'autre moment de flottement, l'un ou l'autre trou, mais dans l'ensemble la prestation fut - n'ayons pas peur des mots - extraordinaire. Si je suis aussi enthousiaste, c'est qu'il faut savoir que ce n'est vraiment pas une pièce facile pour débuter sur les planches, surtout pour les rôles masculins, qui terminent tous les quatre en slip... Ah oui, j'oubliais aussi de vous dire que la moyenne d'âge des acteurs était nettement plus élevée que ce que l'auteur imaginait, le doyen affichant quatre-vingt-et-un ans au compteur.

Vraiment chapeau ! Ils ont pleinement mérité l'ovation qu'ils ont reçue !

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