C’est mal barre

Un peu d’argot n’a jamais fait de tort à personne, même pas dans le titre. Et puis, j’avais besoin de me défouler 😉 .

En ce premier jour de l’hiver météorologique, j’ai décidé de consacrer le mois de décembre à l’écriture. Mon objectif : écrire chaque jour. J’écris souvent, mais de manière trop irrégulière. Heureusement qu’il y a les devoirs du Goût ! Hélas, d’une manière générale, je manque de persévérance et d’organisation, j’ai trop tendance à m’éparpiller. Afin de prendre de bonnes habitudes, j’ai décidé de participer au calendrier de l’avent de l’écriture de Marie-Adrienne Carrara. Chaque jour, entre le premier et le vingt-quatre décembre, un défi d’écriture nous est proposé. A chaque fois, vingt-quatre heures maximum pour le relever. Let’go !

Point de départ du premier défi : vider ses poches ou son sac, poser les objets devant soi sur la table, en dresser l’inventaire et choisir un objet.

Et c’est donc là que commencent les problèmes… Vider son sac ? S’il s’agit de l’expression imagée, je veux bien m’épancher ici, mais je doute que cela intéresse grand monde. Ou il faudrait que je rentre dans des détails trop intimes pour être étalés sur la place publique. Non, Marie-Adrienne parle bien d’un sac physique. Ce défi serait-il réservé aux femmes ? Je n’ai jamais de sac avec moi… Il y a quarante ans, oui, j’aurais pu considérer comme sac mon baise-en-ville. Oui, c’était ainsi qu’on appelait alors cette (toute) petite sacoche qu’emmenaient certains hommes avec eux, tout juste assez grande dans mon cas pour y fourrer mon portefeuille, mes clés, un carnet de notes et un bic. Et parfois un petit morceau de chocolat soigneusement emballé. A l’époque, les smartphones n’existaient pas encore. Mais voilà, le baise-en-ville est complètement obsolète… Dorénavant, quand nous sortons, je confie portefeuille, clés et carnet au sac de mon épouse.

Il ne me reste plus qu’à vider mes poches. Si j’y mets mon portefeuille, mon GSM ou quoi que ce soit d’autre, il m’est impossible de m’asseoir. Donc, je m’en abstiens. Dès lors, que voulez-vous que je sorte de mes poches, sinon un mouchoir, tout malheureux de se retrouver esseulé sur la table ? Et dire que Marie-Adrienne nous accordait cinq minutes pour établir la liste et choisir un objet. Cinq secondes ont suffi : ce sera mon mouchoir.

Il nous est ensuite proposé de prendre quinze minutes pour décrire l’objet en question de la façon la plus neutre possible. Mon Dieu, que dire de mon mouchoir ? C’est un mouchoir en tissu. C’est vrai, il aurait pu être de papier, mais aujourd’hui il est en tissu. Ecossais. Dans les tons de vert et de gris. Je n’ai pas écrit vert-de-gris ! Il est frais de ce matin, mais je l’ai déjà utilisé à deux ou trois reprises, en raison d’un petit rhume persistant. Il n’est donc plus plié qu’aux trois-quarts, le quart restant présentant une apparence légèrement froissée. En y regardant de plus près, entre le vert et le gris, on y trouve un peu de jaune, c’est la couleur de la morve, non ? Ah oui, et un peu de rouge aussi : je me suis mouché trop fort ce matin, et j’ai un peu saigné. Je suis désolé pour les âmes sensibles : ce texte n’est pas une fiction, mais une description la plus objective possible de ce que j’ai trouvé dans ma poche… C’est ce qui était demandé.

Troisième et dernière partie du défi de ce jour : prendre vingt à trente minutes pour raconter avec toute la subjectivité et l’affect que l’on veut, le souvenir qui s’y rattache. Trente secondes suffiront. Ce matin, après m’être douché, je me suis habillé. Je suis allé dans ma chambre, j’ai ouvert le tiroir de la commode et j’ai pris le mouchoir au sommet de la pile. Que vous dire de plus ? Je ne connais pas bien ce mouchoir. A-t-il cinq, dix ou vingt ans ? Peut-être bien vingt, car j’ai oublié de signaler qu’il était élimé et que certains bords s’effilochaient. Mais même en vingt ans, je ne me suis pas vraiment attaché à lui. Lui ou un autre… Désolé, il n’y a là aucun affect, sinon un peu d’ennui à vous parler de mon mouchoir…

Vivement le défi de demain !

Cet article a 4 commentaires

  1. Adrienne

    j’ai exactement le même problème avec ce défi (je comptais aussi beaucoup sur ce calendrier pour m’adonner aux joies de l’écriture ;-))

    1. Passion Culture

      On verra ce que cela donne pour la suite 😉 !

  2. Pivoine

    Eh bien, aujourd’hui, c’est une rencontre dans un parc.

    1. Passion Culture

      Oui, je viens de publier ma rencontre 😉 .

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