Le Patriarche

J’ai décidé de regrouper mes différentes participations à des challenges littéraires en un projet de feuilleton. Le premier épisode se trouve ici. Mais bon, je me connais, moi, ma procrastination et mon manque de persévérance. Enfin, bon, voici le deuxième épisode, écrit dans le cadre du challenge Mil et une. Une image et un mot facultatif à insérer. C’est simple, non 😉 ?

Un bref instant, je me demande pourquoi je me retrouve en ce mardi matin ensoleillé devant l’église de L’Immaculée Conception. Un peu plus loin, une plaque sur une façade à gauche de la caserne des pompiers, indique que le marché aux puces de la place du Jeu de Balle est jumelé avec celui de Saint-Ouen. Je ne connais celui-ci que par le biais d’une vieille carte postale dont Justine m’avait fait cadeau un jour.

Marché aux puces de Saint Ouen

Pourquoi ai-je accepté la demande de madame Minerve ? Est-ce son évocation larmoyante de l’amitié qui nous liait, Justine et moi, qui m’a convaincue ? Certainement pas : sa propension chronique à la victimisation m’avait toujours irritée au plus haut point, il n’y avait pas de raison que cela change. Mais si cela faisait six mois que madame Minerve n’avait plus de nouvelles de sa fille, moi, cela faisait trois ans que Justine m’avait laissé tomber. Une trahison que je n’étais pas près d’oublier ! Au fil des mois, je m’étais souvent demandé si, en souvenir de tout ce qu’elle avait fait pour moi, ce n’était pas à moi d’essayer de reprendre contact avec Justine, de voir s’il n’y avait pas moyen de reconstruire entre nous quelque chose de solide. Mon orgueil m’en avait toujours dissuadé. Par contre, si j’agissais, en quelque sorte, en service commandé, cela me permettait de conserver mon honneur sauf. Voilà pourquoi j’avais accepté de reprendre contact avec Justine.

Hélas, Justine avait disparu. Elle n’avait plus donné de signe de vie à sa mère. Peut-être à son père ? Madame Minerve en doutait : ces deux là ne se parlaient plus depuis belle lurette. Justine n’avait jamais accepté le divorce de ses parents, dont elle tenait son père pour responsable, raison pour laquelle elle ne voulait plus avoir aucun contact avec lui. C’était la version de sa mère, mais je savais que la version de Justine était légèrement différente. De toutes manières, ni madame Minerve ni moi ne connaissions les coordonnées de son père.

Alors ? N’y avait-il personne à qui elle aurait pu se confier ? S’il y en avait une, ce ne pouvait être que son grand-père paternel, qu’elle appelait affectueusement le Patriarche. Brocanteur de son état, cela faisait maintenant une soixantaine d’années qu’il passait toutes ses matinées à Bruxelles, sur la place du Jeu de Balle.

Bon, ce n’est pas tout, ça : il faut que je trouve le grand-père de Justine. Pas de problème : ici, tout le monde connaît le Patriarche !

 

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