Ce que je cherche

Vous arrive-t-il parfois de vous demander ce que vous voulez ? En d’autres termes ce que vous cherchez ? Moi, souvent !

Il s’agissait d’oeuvres énormes, de quatre mètres sur quatre ou plus, parfaitement et absolument noires. Des rectangles d’une obscurité pesante et sans fin qui de prime abord semblaient tous identiques, mais qui ensuite, quand on s’attardait à les observer de près, se révélaient comme subtilement distincts, vertigineux et tourbillonnants dans leur noirceur. C’étaient des ténèbres pleines de mouvement et de lumière, des toiles bizarrement étranges. Le peintre s’appelait Soulakniès et, en y regardant bien, les lueurs noires qui paraissaient bouger à l’intérieur des tableaux formaient et répétaient incessamment la même phrase :

Rosa MONTERO – Des larmes sous la pluie – p. 300

De grands tableaux, complètement noirs, cela ne vous fait penser à rien ? Ou plutôt à personne ? Mais si voyons ! Rosa Montero ne triche d’ailleurs pas, et en fin de roman vous confirme ce dont vous vous doutiez :

Comme plus d’un lecteur l’aura sans doute deviné, la très belle citation, « C’est ce que je fais qui m’apprend ce que je cherche », n’est pas de Soulakniès, artiste plasticien de la planète Knio, mais du peintre abstrait français Pierre Soulages, auteur, entre autres, d’une fascinante série de tableaux énormes et complètement noirs.

Rosa MONTERO – Des larmes sous la pluie – p.405

Qu’est-ce que je cherche ? Qu’est-ce que je fais ? Je lis. Pour sortir de moi-même, pour en quelque sorte être un autre. Même si parfois mes lectures me renvoient à moi-même…

Qu’est-ce que je cherche ? Qu’est-ce que je fais ? Je tiens un blog. J’écris. Pour me sentir moins seul. Je suis de tempérament fondamentalement solitaire. Pour être reconnu. Je l’avoue, les messages que vous laissez sur mon blog me font énormément de bien, moi qui n’ai souvent qu’une piètre estime de moi-même…

Cet article a 2 commentaires

  1. heure-bleue

    Je lis aussi, je suis ravie de la réouverture des musées même si ce n’est pas simple de retenir un créneau, je n’aime pas Soulages, tout ce noir me file le bourdon.

    1. Passion Culture

      Soulages, je ne le connais que de nom, jamais eu l’occasion de voir une œuvre en vrai. Pour le reste, ce qui m’irrite le plus, c’est que nous n’avons plus droit à la spontanéité 🙁 !

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