Alors

Fini d’être paresseux ! Cette semaine, il faut travailler ! Encore que… Le Goût des Autres nous invite cette semaine à flâner dans un parc 🙂 :

Mr Caillebotte n’a pas peint que le pont de l’Europe, la gare Saint Lazare, des « racleurs de parquet » ou les trottoirs parisiens.
Non, il a peint aussi de la verdure.
Et pas que celle de sa propriété d’Yerres.
Je vous soumets cette toile qui me prouve que là où je me suis promené il y a peu était beaucoup plus touffu il y a 150 ans qu’aujourd’hui.
Les bancs n’ont cependant pas changé.
Que vous dit cette toile ?
Un souvenir de parc bien loin de celui-ci apparaît dans ma cervelle noyée dans son habituel « cafouillon » matinal…

Alors, déjà ? Pourquoi ne restes-tu pas plus longtemps avec moi ? N’étions-nous pas bien, là, assis sur un banc, dans ce parc merveilleux ? Pourquoi faut-il toujours que tu t’en ailles ? Je n’en peux plus de nos séparations à répétitions. Je croyais que l’âge t’avait apaisé, que nous allions pouvoir enfin vivre en paix, calmes et sereins. J’en ai assez de sans cesse devoir courir après toi. Tu m’écoutes ? Tu m’entends ? Je suis fatigué. Dis, répondras-tu un jour à mes questions ?

Alors, je me suis retourné, je me suis regardé droit dans les yeux et je me suis dit qu’il me fallait mettre les choses au clair une fois pour toutes. C’est beau, un parc. C’est utile, un parc. Que dis-je ? C’est essentiel ! Mais cela ne me suffit pas. Quand je me vois assis sur un banc en train de regarder les passants passer, je me dis que je ne vois pas le temps passer. Et que c’est ça qui est grave. Qu’attends-je pour agir ? Pour simplement vivre ? Au-delà des grilles de ce parc, il y a encore tant à découvrir. Dans ce parc, aussi beau soit-il, j’ai l’impression d’être confiné. Sais-tu ce que cela signifie d’être confiné ? J’ai besoin de champs de colza jaunes à l’infini, de ruisseaux à traverser en sautant de pierre en pierre. J’ai besoin de forêts sombres, d’arbres tombés en travers des chemins, foudroyés ou abattus par une tempête. J’ai besoin de ronces qui s’accrochent au bas de mes pantalons, d’orties à éviter. J’ai besoin de vivre, comprends-tu cela ?

Alors j’ai compris que tu avais gagné, une fois de plus. Que la vie n’était pas finie. Qu’il était trop tôt pour s’assagir. Ou plus exactement qu’il était sage pour nous, ou pour moi, je ne sais plus, de partir encore une fois au gré du vent, à l’aventure. Tant qu’il est encore temps.

Alors nous sommes sortis de ce parc, bras dessus bras dessous, enfin réconciliés avec moi-même. Me promettant d’y revenir. Plus tard. Quand je ne serais plus que la moitié de moi-même.

Cet article a 10 commentaires

  1. Adrienne

    tu te sens trop jeune pour les bancs du parc?
    😉
    mais il n’y a pas d’âge, pour ça! rappelle-toi l’ami Georges B et ses amoureux ;-))

    1. Passion Culture

      Trop jeune pour ne me contenter que des bancs du parc, oui. Et dans ma jeunesse, j’ai dû apprendre à bécoter ailleurs que sur des bancs publics, afin que l’information ne devienne pas publique, elle aussi 😉 !

  2. Entièrement d’accord avec toi.
    Il est toujours trop tôt pour être sage.
    Nous ne sommes pas sur Terre pour être sage mais pour vivre.
    Et si possible pleinement.
    Surtout ne jamais oublier que les bancs sont entièrement faits pour que les amoureux s’y bécotent en se foutant du regard oblique des passants honnêtes (comme ceux qui une fois nous ont craché fielleusement, à ma camarade de l’époque et à moi sur un banc du Jardin des Plantes « Il y a des hôtels pour ça ! ».

  3. La Licorne

    Ton texte, j’aurais pu l’écrire…:-)

    Comme toi, je ne boude pas les parcs, de temps à autre,
    quand il n’y a pas mieux…
    Mais, même s’il est immense,
    je m’y sens quand même « confinée »…

  4. Gwen

    J’aime les parcs, mais tellement plus quand c’est Dame Nature qui les a créés !
    Le Gout a raison : nous ne sommes pas ici-bas pour être sages !

    1. Passion Culture

      Tout dépend bien sûr du sens que l’on donne au mot sagesse 😉 ! N’est-il pas sage de vouloir vivre pleinement ?

  5. alainx

    C’est amusant d’observer que pour un certain nombre de participants ce tableau proposé fait penser à un confinement. C’est vrai que cette allée à quelque chose d’étouffant. On sent combien se manifeste le besoin irrépressible de grands espaces dont on a été privé ces derniers trop longs mois.
    Je pensais à la chanson de Graeme Allwright :
    « petites boîtes, très étroites, toutes pareilles
    (…)Y a des médecins, des dentistes
    Des hommes d’affaires et des avocats
    (…)
    Les garçons font du commerce
    Et deviennent pères de famille
    Ils bâtissent des nouvelles boîtes
    Petites boîtes toutes pareilles » etc.

    Pas grand-chose de changé depuis les années 65/70…

    1. Passion Culture

      Effectivement ! Et il ne m’arrive plus souvent de rencontrer des personnes qui se souviennent de Graeme Allwright… Quand on a annoncé son décès l’année passée et que j’en parlais autour de moi, la réaction unanime était « Qui ça ? ».
      Chaque fois que j'ouvre mon journal
      Je pense à cette traversée.
      On avait de la flotte jusqu'aux genoux
      Et le vieux con a dit d'avancer.

  6. heure-bleue

    J’aime les villes Bruxelles, Londres, Tel-Aviv et d’autres alors les parcs me suffisent. Et pourtant le parc Monceau n’est pas mon préféré.

    1. Passion Culture

      J’aime aussi beaucoup découvrir les villes, mais par moments, j’ai vraiment besoin de grands espaces.

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