D comme Dos

Cette semaine, pour son Projet 52 photos, Carole nous propose comme thème le portrait. L’occasion pour moi de vous parler d’une exposition vue à Namur il y a peu (et qui se termine le 3 janvier !) : Vu.e de dos.

Trine Søndergaard – Untitled (Thorvaldsen #3) 2020

En ce qui concerne les oeuvres exposées, elles sont très variées, et il y en a donc pour tous les goûts (même si insuffisamment pour le mien). La démarche est toutefois très intéressante !

Cette exposition est consacrée (notamment) à la figure humaine vue de dos dans l’art contemporain. Elle souhaite interroger le pouvoir subversif de l’anonymat qu’implique cet anti-portrait au regard de phénomènes actuels tels que la prolifération massive de selfies sur les réseaux sociaux ou les dispositifs de surveillance par reconnaissance faciale, mais aussi, tout récemment, le port du masque sanitaire qui est venu modifier de façon inédite les modes d’apparition des individus dans l’espace public.

Ce thème apparaît particulièrement actuel au regard du fonctionnement médiatique de notre société contemporaine. En effet, l’anonymat qu’implique la posture de dos n’est-il pas une manière de déjouer le phénomène massif de dévoilement de soi qu’ont engendré l’usage intensif des médias sociaux et, plus particulièrement, la production quotidienne de milliers de « selfies » ? Plus encore, cet anonymat ne peut-il pas également apparaître comme un acte délibéré de résistance aux innombrables dispositifs de surveillance (par la reconnaissance faciale notamment) qui se sont répandus ces dernières années dans nos cités au point de devenir une menace pour les libertés individuelles ? Dans ce contexte, réfléchir à l’apparition de la figure humaine de dos conduit inévitablement à adopter une position critique vis-à-vis du fonctionnement des images de soi ou de la place des individus dans l’espace public.

Outre les êtres humains vus de dos (la partie la plus intéressante de l’expo), on y trouve aussi des oeuvres présentant des miroirs ou des peintures vues de dos… ce qui m’a laissé plus perplexe 😉 .

Pour ma participation au Projet 52 photos, j’ai donc choisi de vous présenter un backfie, soit un anti-selfie.

N’importe où – 2 Octobre 2020

 

 

Cet article a 10 commentaires

  1. Alexandra

    Une belle idée en effet ! L’expo devait être sympa

    1. Passion Culture

      Elle l’est toujours : elle est ouverte jusqu’au 3 janvier 🙂 !

  2. MAnnie

    j’adore les photos de personnages pris de dos même si pour ce thème j’ai osé le portrait de face ! Hi !Hi !
    J’aime l’idée et le cadrage ! Par contre, Namur est un peu loin de chez moi ! 🙂

    1. Passion Culture

      Merci ! Et dommage pour l’expo 😉

  3. Ambrosine

    J’adore !

  4. Carole

    J’aime bien l’idée, le concept et le parti pris de cette expo.

    Mais il y a un côté mystérieux à se prendre en photo de dos….. on veut cacher qq chose, ne pas être reconnu, on a honte ….. on est timide…. cela m’interroge toujours. En tout cas je dois dire que l’on découvre ici une partie de toi…. une oreille et un profil de 3/4…. c’est un bon début 🙂

    1. Passion Culture

      Timide ? Oui. Honte ? Non. Mais c’est vrai que j’ai choisi l’anonymat pour mon blog. Sans toutefois censurer toute possibilité de me reconnaître. Je ne veux pas afficher mon identité, mais si, au vu des indices que malgré moi je laisse traîner, quelqu’un me reconnaissait, je ne nierais rien 😉 !

  5. Gribouillette

    Oh que j’aurais aimé voir une telle exposition… mais c’est un peu loin… j’aime beaucoup les prises de vue de dos, des personnages qui s’éloignent du photographe.. cela me donne une impression de liberté. Ton antiselfie, est une idée géniale !

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