N comme Nana

Chouette, c’est lundi, le jour du devoir du Goût des autres 🙂 ! Mais il a fait fort cette semaine… Non seulement il y a la traditionnelle illustration censée stimuler notre imagination, mais il a de plus indiqué une série de mots à utiliser dans notre texte. Alors, emporté par mon inspiration, j’y ajouté une contrainte de mon crû : j’ai glissé des références à dix chansons françaises : les retrouverez-vous 😉 ?

Mais que diable vient-elle d’apprendre ?
Cette toile qu’on pourrait croire de Hopper si cette impression de joie ne venait assurer qu’il ne pouvait l’avoir peinte vous inspire-t-elle ?
Si oui, il faudrait que vous y glissiez les mots :
– Amour.
– Sandwich.
– Lèvres.
– Téléphone.
– Besoin.
– Tournevis.
– Caleçon.
– Seins.
– Gare.
– Cheveux.
– Toilettes.

Une super nana ! Jamais vu plus belle qu’elle dans la cité. J’ai fait sa connaissance au burger bar du coin, où elle travaille comme serveuse. J’avais demandé un sandwich jambon-fromage. Elle n’a rien oublié : la moutarde et le beurre, la mayonnaise et les cornichons, le jambon, le fromage, les œufs durs et puis les cornichons. Mais quand elle me l’a tendu et que j’ai découvert son sourire et surtout ses seins, c’est moi qui ai eu l’air d’un cornichon. Vraiment, une super nana.

A notre premier rendez-vous, je lui ai apporté des bonbons. Parce que les fleurs c’est périssable. Puis les bonbons c’est tellement bon. Bien que les fleurs soient plus présentables. Elle n’a pas eu l’air enthousiasmée par mes bonbons…

Je n’ai jamais eu de chance en amour. J’habite en haut d’une tour, la dernière du bloc, sous le soleil exactement. Ma fenêtre est bien haute pour le bacille de Koch, mais il y fait toujours trop chaud. Cet après-midi là, tout particulièrement, la température frôlait les trente-cinq degrés. J’étais en train d’essayer d’accrocher un cadre au mur. Je regardais alternativement ma main gauche qui tenait un clou et ma main droite qui tenait un tournevis. Au moins, si j’avais un marteau, je serais sauvé, me disais-je. C’est alors que Katie a débarqué à l’improviste. En raison de la canicule, je m’étais mis à l’aise, sans chemise sans pantalon. Juste en caleçon. Quand elle m’a vu, Katie a poussé un hurlement à vous glacer le sang (pas évident en période de canicule), a fait demi-tour et a dévalé les escaliers en criant « Gare au gorille ».

J’ai bien sûr tenté de la recontacter, il me fallait absolument la revoir, j’avais besoin de m’excuser, mais la sonnerie résonnait dans le vide, elle ne voulait même plus décrocher. Même le téléphone pleure, me suis-je dit. Alors je me suis décidé à aller jusque chez elle, rechercher mes bonbons. Vois-tu Katie, lui dirais-je, j’ai eu trop mal quand tu m’as fait cette scène au sujet de mon caleçon, je viens rechercher mes bonbons. Savait-elle que c’était moi qui sonnais ? Elle ne m’a pas ouvert la porte.

Finalement, aujourd’hui, je me suis résigné à la suivre discrètement. Je voulais la voir une dernière fois, ma super nana. Elle faisait les cent pas sur le quai, c’est clair, elle attendait quelqu’un. Je m’étais caché de l’autre côté de la vitre de séparation, derrière un pilier. Je lui tournais le dos, pour qu’elle ne me reconnaisse pas. Discrètement, j’ai jeté un regard derrière moi, elle n’était plus là. Etait-elle retournée chez elle, déçue de son rendez-vous manqué ? Ou bien s’était-elle tout simplement rendue aux toilettes ? Mais c’est alors que je l’ai vu arriver, l’air emprunté, les cheveux gominés, une valise dans une main, un bouquet de fleurs dans l’autre. J’ai de nouveau regardé devant moi, m’abîmant dans la contemplation des horaires des trains, pour ne pas voir ce qui ne pouvait manquer d’arriver.

Je l’ai entendue courir sur le quai. Je n’osais pas me retourner, mais je l’imaginais lui ayant sauté dans les bras, leurs lèvres jointes, leurs coeurs battant à l’unisson. Bien sûr, lui, il lui avait apporté des fleurs.

Pourquoi me faire du mal ? Pourquoi me retourner ?

C’est alors qu’une petit voix s’est mise à chanter méchamment dans ma tête :

Ta Katie t’a quitté
Tic-tac tic-tac
Ta Katie t’a quitté
Tic-tac tic-tac
Ta tactique était toc
T’es cocu, qu’attends-tu?

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10 réponses à N comme Nana

  1. Adrienne dit :

    tu t’es ajouté une consigne supplémentaire, je vois 😉

  2. Quasiment tout le répertoire des sixties dans une seule note !
    Bel exercice !

  3. Gwen dit :

    A la première lecture, j’en ai trouvé sept….. J’y reviendrai
    Quelle bonne idée d’avoir réalisé avec succès le challenge imposé par le Grand Maître, mais d’y avoir ajouté un défi supplémentaire !

  4. heure-bleue dit :

    Je crois avoir trouvé les dix, chouette devoir

  5. colombine dit :

    j’en ai trouvé 8 ! Amusant !

  6. Emiliacelina dit :

    oh! le pauvre! ….Mais marrant ton texte!

  7. célestine dit :

    Génial, tout simplement !
    J’ai adoré l’ambiance.
    •.¸¸.•`•.¸¸☆

  8. Julie dit :

    Un devoir en chansons, génial. Je vais essayer de compter les chansons…Bravo…

  9. Alexandra dit :

    J’adore ! Et trop bien l’idée des références chansons, je pense les avoir toutes trouvées !

  10. Passion Culture dit :

    Puisque vous avez été nombreux à chercher les chansons dissimulées dans mon devoir, voici la correction par ordre d’apparition 😉 :
    – Michel Jonasz : Super nana
    – Nino Ferrer : Les cornichons
    – Jacques Brel : Les bonbons
    – Serge Gainsbourg : Sous le soleil exactement
    – Claude François : Si j’avais un marteau
    – Rika Zarai : Sans chemise sans pantalon
    – Georges Brassens : Gare au gorille
    – Claude François : Le téléphone pleure
    – Jacques Brel : Les bonbons 67 (moins connue, suite des Bonbons originaux, qui date de 63)
    – Boby Lapointe : Ta Katie t’a quitté

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