J comme Joël

J’ai découvert Joël Dicker il y a quelques années avec La vérité sur l’affaire Harry Quebert, que j’avais adoré. Un des rares livres que je relirai peut-être. (Il y a tant à lire qu’il est très rare que je relise un roman déjà lu.) C’est donc avec énormément d’attentes que je me suis lancé dans la lecture de…

La disparition de Stéphanie Mailer
Joël Dicker
Editions de Fallois – 2018
635 pages  (lu entre le 1 et le 17 juillet 2020)

Avis

J’écrivais plus haut que c’était avec énormément d’attentes que je me suis lancé dans la lecture de La disparition de Stéphanie Mailer. C’est certainement ce qui explique la sévérité de mon appréciation : deux malheureuses petites étoiles. Nul doute que si je l’avais lu comme un polar de série B et l’avais apprécié dans ce contexte, je lui en aurais octroyé au moins trois, voire quatre. Car je le reconnais, c’est un page turner. Il y avait d’ailleurs intérêt, car avec plus de six cents pages au compteur, il n’est pas question de laisser le lecteur en rade, au risque de le perdre complètement.

Mais bon, qu’est-ce que je lui reproche vraiment à ce polar ? D’abord des détails, qui donnent l’impression d’un roman un peu bâclé. Un seul exemple (page 47) :

Anna, si tu me permets de te tutoyer, puis-je t’offrir un café ? Je vais tout te raconter.

Je peux comprendre qu’un traducteur, pour indiquer une proximité de ton dans le discours, utilise le tutoiement, alors que le simple you ne le permet pas. Mais qu’un auteur francophone écrive cela, je suis interpellé… (voir par exemple tradutec)

Il y a bien plus gênant… Partant sans doute de la croyance que plus l’intrigue d’un polar est complexe, plus le roman sera jugé bon, Joël Dicker multiplie à l’envi le nombre de personnages et d’histoires parallèles. Même en s’accrochant, il n’est pas toujours aisé de rester impliqué dans l’histoire…

Mais surtout, ce qui m’a le plus horripilé, c’est le mélange des types de narrateurs. Un chapitre écrit à la première personne peut-il faire référence aux pensées d’autres personnages ? Dans ce roman, il est fréquent qu’un personnage commence à raconter un souvenir, et plutôt que continuer à parler à la 1ère personne, on bascule sur un narrateur omniscient. Cela donne une impression un peu « cinématographique », avec plein de flashbacks, de voix off, etc. Je me suis par moments demandé si l’auteur n’était pas déjà en train d’écrire le script d’une adaptation pour la télévision ou le cinéma.

Bref, j’ai trouvé l’histoire passionnante quoique inutilement alambiquée et le roman (relativement) mal écrit ou à tout le moins bâclé. L’auteur s’en est-il rendu compte ? Faut-il voir une sorte de mea culpa  à la page 335 ?

Dans l’ordre du respect accordé aux genres, il y a en tête de gondole le roman incompréhensible, puis le roman intellectuel, puis le roman historique, puis le roman tout-court, et seulement après, en bon avant-dernier, juste avant le roman à l’eau de rose, il y a le roman policier.

Quoi qu’il en soit, avant de verser Joël Dicker dans la liste des auteurs à oublier, je compte bien lui laisser une chance supplémentaire 😉 !

L’avis d’autres blogueurs

(à compléter)

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(à compléter)

Challenges

Avec ses 635 pages, ce roman remplit les conditions pour participer au challenge Pavévasion ! Et puisqu’il s’agit d’un polar, ce billet participe également au challenge Polars et Thrillers. Et Stéphanie étant un prénom, c’est aussi une participation de plus (mais c’est toujours ma première ligne 🙁 ) au challenge Petit Bac 2020.

Incipit

Seuls les gens familiers avec la région des Hamptons, dans l’État de New York, ont eu vent de ce qui se passa le 30 juillet 1994 à Orphea, petite ville balnéaire huppée du bord de l’océan.

Ce soir-là, Orphea inaugurait son tout premier festival de théâtre, et la manifestation, de portée nationale, avait drainé un public important.

Quatrième

30 juillet 1994. Orphéa, petite station balnéaire tranquille des Hamptons dans l’Etat de New York, est bouleversée par un effroyable fait divers : le maire de la ville et sa famille sont assassinés chez eux, ainsi qu’une passante, témoin des meurtres.

L’enquête, confiée à la police d’Etat, est menée par un duo de jeunes policiers, Jesse Rosenberg et Derek Scott. Ambitieux et tenaces, ils parviendront à confondre le meurtrier, solides preuves à l’appui, ce qui leur vaudra les louanges de leur hiérarchie et même une décoration.

Mais vingt ans plus tard, au début de l’été 2014, une journaliste du nom de Stephanie Mailer affirme à Jesse qu’il s’est trompé de coupable à l’époque. Avant de disparaître à son tour dans des conditions mystérieuses. Qu’est-il arrivé à Stéphanie Mailer ? Qu’a-t-elle découvert ? Et surtout : que s’est-il vraiment passé le soir du 30 juillet 1994 à Orphéa ?

 

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7 réponses à J comme Joël

  1. Pivoine dit :

    Bonjour… ce n’est pas mon préféré, de fait, il est un peu compliqué. Mais j’ai bien aimé quand même.

    Il y a une page d’Harry Quebert que j’adore. A la fin, un texte en italique.

    Je vous conseille les Baltimore. J’ai mis du temps à accrocher, ce n’est pas vraiment un policier, c’est plutôt l’histoire d’une famille, mais finalement, je l’ai beaucoup aimé.
    Il a quelque chose de terrible.

    J’ai lu un thriller écologique de John Grisham, à l’ombre de Gray mountain, que j’ai adoré … rien à voir avec Joël Dicker.

    • Passion Culture dit :

      Merci pour le conseil ! Comme je comptais donner une autre chance à Joël Dicker, ce sera avec les Baltimore 😉 ! Si j’ai bon souvenir, ce n’est pas la suite de Harry Quebert ?

  2. Alexandra dit :

    Je n’ai pas lu car je n’ai pas eu forcément des bons échos alors manque de motivation !

  3. lcath dit :

    Bon alors je lirais le premier ! 🙂

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