Terre errante (Cixin Liu)

Terre errante

Traduit du chinois par Gwennaël GAFFRIC

Titre original :

LIU Cixin

Actes Sud – Exofictions
Janvier 2020
80 pages

Edition originale : 2000

(lu les 3 et 4 juillet 2020)

 

Avis

Il y avait longtemps que je n’avais plus lu de nouvelles. Il y avait encore plus longtemps que je n’avais plus lu de science-fiction. Merci donc à Maki de m’avoir permis de renouer avec ces deux (anciennes) passions ! Et merci à Anne-Laure, qui m’a fait découvrir cet auteur (je ne savais pas qu’il existait des auteurs de science-fiction chinois) et cette collection (j’aime en général beaucoup les ouvrages d’Actes Sud, mais je ne savais pas qu’ils publiaient également de la science-fiction)

Mission accomplie, j’ai repris goût à la science-fiction et au format court (même si court, c’est court, voir ci-dessous). Ici, pas d’extraterrestres, pas de robots, pas de voyages dans le temps, juste le Soleil (qui se trouve hélas en phase teminale) et notre bonne vieille Terre, que les humains n’ont d’autre solution que de transformer en vaisseau spatial, afin de fuir la fin apocalyptique du système solaire. Il faut donc d’abord arrêter la rotation de la Terre (c’est chose faite quand le récit commence), puis la catapulter hors de notre système, en jouant subtilement de la force de gravitation, notamment autour de Jupiter. Les explications scientifiques sont suffisantes pour que le lecteur accepte de jouer le jeu, mais ne sont pas trop envahissantes ou absconses pour le faire fuir. Evidemment, avant l’envol final, il faut encore effectuer quelques rotations autour du soleil, sur une orbite vachement elliptique, et entre périhélie et aphélie, la Terre oscille entre fournaise et froid extrême, ce qui n’est pas sans causer de gros problèmes géologiques. Cela nous vaut quelques belles pages empreintes d’une sombre poésie.

Et les humains dans tout cela ? On suit l’histoire de deux ou trois personnages, malheureusement insuffisamment approfondie. L’aventure cosmique a bien évidemment un énorme retentissement sur le mode de vie des humains, ce qui est habilement suggéré, mais trop rapidement esquissé : j’aurais aimé en savoir plus sur l’évolution sociologique et politique de l’humanité. Mais bon, c’est la rançon du court 😉 !

Finalement, mon regret, c’est donc surtout que c’était trop court 😉 . Et que l’auteur, abordant plusieurs thèmes, ne fait parfois que les effleurer. C’est notamment le cas, à la fin du récit, lorsque la rumeur se répand qu’il n’y avait finalement aucun problème avec le Soleil, et que tout était pure invention des gouvernants : j’aurais aimé que cette thématique (hélas très prégnante dans notre monde actuel) des fake news news et du complotisme soit un peu plus développée. Mais bon, comme j’ai été séduit pas Cixin Liu, j’ai mis à mon programme de lecture estivale la Trilogie du Problème à trois corps : là, je ne crois pas que je me plaindrai que c’est trop court 😉 !

L’avis d’autres blogueurs

Anne-Laure (chez qui j’ai découvert cet ouvrage) est dithyrambique : elle parle d’une lecture « grandiose, passionnante, immense, remarquable« . Merci pour son enthousiasme, qui m’a convaincu !

Hellrick est un peu plus réservé, mais « au final, la balance penche largement vers le positif » .

Un Papillon dans la Lune a « passé un bon moment de lecture ».

Anudar parle de « belle leçon » .

Emy aussi nous « conseille cette lecture ! ». Et il en est de même pour Nevertwhere.

Enfin, pour Lorhkan, il s’agit d’ « un texte remarquable, simple, doux, terrible » .

Challenges

Ce billet est ma première contribution au challenge The Maki Project : en fait, c’est même en jetant un coup d’oeil aux participations de ce challenge que j’ai découvert Liu Cixin, que je ne connaissais absolument pas. Mais il est vrai que cela fait de nombreuses années que je ne lisais plus de science-fiction.

Puisqu’il s’agit finalement d’un voyage interstellaire (la destination étant Alpha du Centaure) et que le « véhicule » est une planète, je pense que l’on peut considérer que cette novella appartient au Space Opera et/ou au Planet Opera. Première participation donc au Summer Star Wars challenge.

Enfin Terre étant un nom de lieu, c’est ma (seulement) deuxième participation au Petit Bac 2020. Il est temps que je m’y (re)mette sérieusement !

Incipit

Je n’avais jamais vu la nuit. Je n’avais jamais vu les étoiles. Je n’avais jamais vu le printemps, ni l’automne, ni l’hiver. Je suis né à la fin de l’Ère du freinage. La Terre venait tout juste d’arrêter de tourner. Quarante-deux années avaient été nécessaires pour interrompre la rotation de la planète, soit trois de plus que dans le plan initial dressé par le gouvernement de la Coalition.

Quatrième

Lorsque les astrophysiciens découvrent que la conversion de l’hydrogène en hélium s’est accélérée à l’intérieur du Soleil, ils comprennent que notre étoile est sur le point de se transformer en une géante rouge qui absorbera de manière inéluctable la Terre. Pour contrer cette extinction programmée de l’humanité, les nations se regroupent pour mettre en branle un projet d’une ambition folle : élaborer des moteurs gigantesques afin de transformer la planète bleue en véritable vaisseau spatial et de l’emmener à la recherche d’une nouvelle étoile…

Dans cette novella écrite en 2000, Liu Cixin manifeste déjà tout le talent que l’on retrouvera à l’œuvre dans la trilogie du Problème à trois corps. Disponible sur Netflix sous le titre The Wandering Earth, l’adaptation cinématographique qui en fut tirée en 2019 se hissa au troisième rang du box-office mondial.

 

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1 réponse à Terre errante (Cixin Liu)

  1. yogo dit :

    Merci pour cette première participation. Te voilà intégré au club fermé des adorateurs du Maki !

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