Qui ai-je envie d’être ?

Je suis enfin en train de lire La cerise sur le gâteau d’Aurélie Valognes, que j’avais offert à mon épouse il y a un an, à l’occasion de sa mise à la pension. Quant à moi, je suis pensionné depuis septembre dernier, soit quelques mois plus tard qu’elle. Enormément de points communs, donc, entre nous et les protagonistes du roman, puisque Bernard y est pensionné quelque temps plus tard que Brigitte.

Beaucoup de points communs, mais pas mal de différences aussi (heureusement 😉 ). Toutefois, je me retrouve pleinement dans les questions existentielles que Bernard est amené à se poser :

Il est temps que tu te poses les bonnes questions… Il faut que tu trouves par toi-même ce que tu « veux » faire, et pas ce que tu « dois » faire. Quelle personne as-tu envie d’être ?

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Et moi, qui ai-je envie d’être ? Qu’ai-je envie de faire ? Je suis écartelé entre deux attitudes.

Ne rien faire. « Profiter » de la vie comme mes collègues, mes amis, ma famille n’ont cessé de me dire ? J’ai mis des guillemets, car j’ai horreur de ce verbe, que j’associe inévitablement à « profiteur », terme à mes yeux hautement péjoratif. Remplaçons-le donc. Savourer la vie ? C’est déjà mieux ! Mais encore ? Est-ce savourer la vie que ne rien faire ? Toute notre vie, nous sommes tellement formatés à la primauté de la valeur travail que quand celui-ci nous est ôté (même si c’est à notre demande), nous nous sentons nus et démunis face à la recherche d’un sens à notre existence. Même si c’est là une occupation que je prise de temps en temps, je me vois mal passer le reste de ma vie à remplir des grilles de mots croisés…

A l’opposé, j’ai tant de centres d’intérêt (littérature, photographie, informatique…) que je me dis que « maintenant que j’ai le temps », je devrais me consacrer à ces passions, au risque de me mettre une pression qui n’aurait rien à envier à celle que m’imposait ma vie professionnelle.

Vous allez me dire que, comme d’habitude, in medio virtus. J’entends bien, et je ne vous contredirai certes pas, mais ce point d’équilibre est bien difficile à atteindre…

La première année, c’est la plus dure, il faut presque l’effacer et repartir de zéro. Ensuite, très vite, plein de choses vont se présenter à toi, et ce sera difficile de choisir. Comme quand on entre dans une pâtisserie et qu’on aimerait tout manger. Tu vas faire des petites erreurs, tu vas tâtonner, ce n’est pas grave. Sois patient.

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En ce qui me concerne, j’en suis à un peu plus de six mois, et je commence à apprivoiser mon nouvel état, mais je dois avouer que je suis encore bien loin de la sérénité, et que les temps coronaviriens que nous traversons n’arrangent pas les choses. Bon, il me reste à être patient et à l’écoute de mes aspirations, même lorsqu’elles semblent contradictoires.

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3 réponses à Qui ai-je envie d’être ?

  1. heure-bleue dit :

    La retraite, c’est bien, bon en ce moment, pas de musée, pas de cinéma, pas de promenade dans les rues parisiennes si tentantes, pas de petits enfants.
    Pas grand chose mais l’espoir que ça ne durera que quelques mois et malheureusement nous n’en sortirons pas meilleurs.

    • Passion Culture dit :

      Je suis un indécrottable naïf, alors je continue à espérer que nous en sortirons meilleurs. Mais c’est vrai que j’ai des doutes… J’ai peur qu’au bout du compte les riches soient un peu moins riches, mais les pauvres beaucoup plus pauvres…

  2. mariejo64 dit :

    Chez nous, au lieu d’être pensionnés nous sommes retraités, ce qui ne change rien à la question que tu te poses : Qui ai-je envie d’être ? Pour nous, mon mari et moi, cela fera bientôt 16 ans ! Si les premiers jours ont été remplis de joie et de soulagement, les 2 ou 3 mois qui ont suivi m’ont paru bien pesants. 32 ans à l’écoute de mes clients et du jour au lendemain n’avoir pour interlocuteur que mon mari. Et puis, tout est rentré dans l’ordre, qu’est-ce qu’on est heureux ! Oui bon, Covid XIX obscurcit notre avenir, ne nous serine-t-on pas à longueur de journée que les plus de 70 ans sont vulnérables ? C’est agaçant au possible ! 😀 Faisons comme le roseau de Jean de La Fontaine, plier et ne pas rompre.

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