Q comme Quinze

Alors que la tempête Odette balaie (entre autres) la côte belge, renversant des cabines de plage, arrachant des tuiles, inondant des chaussées, je ne peux m’empêcher de songer qu’il n’y a que quelques jours à peine, nous déambulions sur la digue d’Ostende en bras de chemise. Quel brusque changement de temps ! Nostalgie, donc, en ce dimanche venteux.

Aujourd’hui encore, je vous parlerai de l’exposition à ciel ouvert et en plein vent, la bien nommée Beaufort. Et plus particulièrement de Arne Quinze. Les lecteurs belges de ce blog se souviennent sans doute de son oeuvre en bois The Passenger, construite à Mons en 2014,  qui s’effondra en décembre de la même année et qui fut reconstruite par l’artiste à ses frais en 2015. (Bonne nouvelle, si vous ne l’avez pas encore admirée : elle devait être démontée en septembre de cette année, mais la crise sanitaire lui offre un sursis !)

Ostende (Belgique) – 22 septembre 2020

Mais revenons à la côte et à Beaufort : c’est à Ostende que Arne Quinze a installé son oeuvre Rock Strangers (non pas dans le cadre de l’édition 2018 comme pour pour The Navigator Monument, mais pour l’édition 2012). Continuer la lecture

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P comme Plage

Pour cette trente-huitième semaine de l’année, Carole nous proposait P comme… Une aubaine pour moi 😉 , puisque le billet précédent de mon abécédaire était O comme Orties. Bon d’accord, ce billet date de huit jours, et vous allez me dire qu’attendre autant de temps pour être synchrone n’excuse pas ma fainéantise. Mais en fait, j’ai une excuse en béton : j’étais en vacances (oui, de nouveau 🙂 ). Et où ça, mon bon monsieur ? A la mer du Nord, à Westende plus exactement. Pour moi, ce sera donc P comme Plage !

Westende (Belgique) – 17 septembre 2020

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O comme Orties

Ouille, ça pique 🙁 !

Ma grand-mère disait que c’était bon pour les rhumatismes, puis me donnait un bisou à l’endroit de la piqûre 🙂 .

Les thème des Bottes Rouges de cette semaine, c’est « dans mon jardin »… Alors des orties ? Mon jardin est-il à ce point mal entretenu ? C’est vrai que le fond a parfois tendance à retourner à l’état sauvage, le voisin de derrière n’entretenant pas du tout le sien, de jardin… De toutes manières, Carole a bien dit dans son jardin, pas nécessairement dans son potager 😉 ! Encore que… Avant d’arracher les orties du fond de notre jardin, quand elles sont jeunes, nous en coupons les têtes ! L’occasion de cuisiner un bon potage aux orties. Ou encore, pourquoi pas un délicieux pesto ?

Namur (Belgique) – 12 septembre 2020

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N comme Nana

Chouette, c’est lundi, le jour du devoir du Goût des autres 🙂 ! Mais il a fait fort cette semaine… Non seulement il y a la traditionnelle illustration censée stimuler notre imagination, mais il a de plus indiqué une série de mots à utiliser dans notre texte. Alors, emporté par mon inspiration, j’y ajouté une contrainte de mon crû : j’ai glissé des références à dix chansons françaises : les retrouverez-vous 😉 ?

Mais que diable vient-elle d’apprendre ?
Cette toile qu’on pourrait croire de Hopper si cette impression de joie ne venait assurer qu’il ne pouvait l’avoir peinte vous inspire-t-elle ?
Si oui, il faudrait que vous y glissiez les mots :
– Amour.
– Sandwich.
– Lèvres.
– Téléphone.
– Besoin.
– Tournevis.
– Caleçon.
– Seins.
– Gare.
– Cheveux.
– Toilettes.

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M comme Maison

La maison du clair de lune

(Moonlight becomes you
Traduction : Anne Damour)

Mary Higgins Clark

Ed. Albin Michel – 1996
(Edition originale : 1996)
373 pages

(lu entre le 26 août et le 6 septembre 2020)

 

Avis

A côté du polar noir bien connu, il y a le polar doré. Son intrigue se déroule dans la jet set ou à tout le moins dans la frange de la société aux revenus les plus élevés. Pour faire bonne mesure, on peut y ajouter l’un ou l’autre aristocrate désargenté ou capitaine d’industrie qui a fait faillite. C’est dans ce contexte que joue Mary Higgins Clark. L’analyse psychologique des personnages y laisse la place à de nombreuses descriptions vestimentaires. Tant de superficialité agace, et à la longue fatigue. Continuer la lecture

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L comme Louvre

On a l’habitude de dire que tout a une fin, même les meilleures choses. Comme les vacances, par exemple… Encore que… commençant ma deuxième année de jeune retraité, mes amis se font un plaisir de me rappeler que je n’ai pas à me plaindre, que pour moi, ce sont les vacances perpétuelles. Quoi qu’il en soit, c’est la rentrée ! Et notamment celle des devoirs du Goût des Autres. (Bon, d’accord, ce défi d’écriture a déjà repris la semaine passée, mais en mauvais élève, j’ai commencé par brosser 🙁 )

Traverser le pont du Carrousel un matin de printemps et découvrir l’entrée du Louvre sans une voiture.
Qu’en pensez-vous ?
Aimeriez-vous voir ça ?
Je l’ai vu et fait mais il n’est pas sûr que le rêver soit moins beau
Si vous ne l’avez pas fait, imaginez-le et dites le lundi, racontez votre rêve.

Dès que les consignes furent postées, Adrienne avouait qu’elle ne voyait pas du tout ce qu’elle pourrait écrire. Moi non plus… Rêver ? Je ne suis pas d’humeur à rêver pour l’instant, aussi vais-je vous raconter aujourd’hui une tranche de vie. Et tant pis pour les consignes, cela ne s’est pas passé un matin de printemps, mais un matin d’été, le dernier de juillet pour être tout à fait précis. Continuer la lecture

Publié dans Devoirs du Goût des Autres, Voyager | 9 commentaires

K comme KO

Depuis quelques jours, j’ai l’impression d’être KO debout. Je n’aspire qu’à mon lit. D’ailleurs, mardi, j’ai craqué, j’ai fait une sieste d’une heure, même pas dans mon fauteuil, mais carrément dans mon lit. Mes nuits sont raisonnablement bonnes, environ huit heures, sans insomnies. Mais je me sens épuisé.

D’ordinaire, j’ai déjà tendance à être hypocondriaque, alors vous imaginez bien que dans le contexte anxiogène actuel, je suis à l’affût du moindre symptôme pouvant être mis en relation avec la Covid. Et la fatigue en est un ! Mais comme je n’en ai qu’un, je n’ai même pas la possibilité de me faire tester. En Belgique, pour pouvoir se faire tester, il faut ou bien revenir d’une zone rouge (Paris, par exemple 🙁 ) ou bien présenter au moins deux symptômes de la maladie.

Bah, la raison me dicte que ce n’est qu’une fatigue passagère, sans doute plus psychologique que physiologique, mais cela n’allège en rien la chape de fatigue qui m’accable.

Enfin, dans quelques heures nous partons en week-end avec tous nos enfants, beaux-enfant et petits-enfants. C’est certain, la bulle de cinq sera explosée. Et cela ne sera pas de tout repos 😉 ! Mais au moins, cela me changera les idées 🙂 .

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J comme Joël

J’ai découvert Joël Dicker il y a quelques années avec La vérité sur l’affaire Harry Quebert, que j’avais adoré. Un des rares livres que je relirai peut-être. (Il y a tant à lire qu’il est très rare que je relise un roman déjà lu.) C’est donc avec énormément d’attentes que je me suis lancé dans la lecture de…

La disparition de Stéphanie Mailer
Joël Dicker
Editions de Fallois – 2018
635 pages  (lu entre le 1 et le 17 juillet 2020)

Avis

J’écrivais plus haut que c’était avec énormément d’attentes que je me suis lancé dans la lecture de La disparition de Stéphanie Mailer. C’est certainement ce qui explique la sévérité de mon appréciation : deux malheureuses petites étoiles. Nul doute que si je l’avais lu comme un polar de série B et l’avais apprécié dans ce contexte, je lui en aurais octroyé au moins trois, voire quatre. Car je le reconnais, c’est un page turner. Il y avait d’ailleurs intérêt, car avec plus de six cents pages au compteur, il n’est pas question de laisser le lecteur en rade, au risque de le perdre complètement.

Mais bon, qu’est-ce que je lui reproche vraiment à ce polar ? D’abord des détails, qui donnent l’impression d’un roman un peu bâclé. Un seul exemple (page 47) :

Anna, si tu me permets de te tutoyer, puis-je t’offrir un café ? Je vais tout te raconter.

Je peux comprendre qu’un traducteur, pour indiquer une proximité de ton dans le discours, utilise le tutoiement, alors que le simple you ne le permet pas. Mais qu’un auteur francophone écrive cela, je suis interpellé… (voir par exemple tradutec)

Il y a bien plus gênant… Partant sans doute de la croyance que plus l’intrigue d’un polar est complexe, plus le roman sera jugé bon, Joël Dicker multiplie à l’envi le nombre de personnages et d’histoires parallèles. Même en s’accrochant, il n’est pas toujours aisé de rester impliqué dans l’histoire…

Mais surtout, ce qui m’a le plus horripilé, c’est le mélange des types de narrateurs. Un chapitre écrit à la première personne peut-il faire référence aux pensées d’autres personnages ? Dans ce roman, il est fréquent qu’un personnage commence à raconter un souvenir, et plutôt que continuer à parler à la 1ère personne, on bascule sur un narrateur omniscient. Cela donne une impression un peu « cinématographique », avec plein de flashbacks, de voix off, etc. Je me suis par moments demandé si l’auteur n’était pas déjà en train d’écrire le script d’une adaptation pour la télévision ou le cinéma.

Bref, j’ai trouvé l’histoire passionnante quoique inutilement alambiquée et le roman (relativement) mal écrit ou à tout le moins bâclé. L’auteur s’en est-il rendu compte ? Faut-il voir une sorte de mea culpa  à la page 335 ?

Dans l’ordre du respect accordé aux genres, il y a en tête de gondole le roman incompréhensible, puis le roman intellectuel, puis le roman historique, puis le roman tout-court, et seulement après, en bon avant-dernier, juste avant le roman à l’eau de rose, il y a le roman policier.

Quoi qu’il en soit, avant de verser Joël Dicker dans la liste des auteurs à oublier, je compte bien lui laisser une chance supplémentaire 😉 !

L’avis d’autres blogueurs

(à compléter)

Ailleurs sur la Toile

(à compléter)

Challenges

Avec ses 635 pages, ce roman remplit les conditions pour participer au challenge Pavévasion ! Et puisqu’il s’agit d’un polar, ce billet participe également au challenge Polars et Thrillers. Et Stéphanie étant un prénom, c’est aussi une participation de plus (mais c’est toujours ma première ligne 🙁 ) au challenge Petit Bac 2020.

Incipit

Seuls les gens familiers avec la région des Hamptons, dans l’État de New York, ont eu vent de ce qui se passa le 30 juillet 1994 à Orphea, petite ville balnéaire huppée du bord de l’océan.

Ce soir-là, Orphea inaugurait son tout premier festival de théâtre, et la manifestation, de portée nationale, avait drainé un public important.

Quatrième

30 juillet 1994. Orphéa, petite station balnéaire tranquille des Hamptons dans l’Etat de New York, est bouleversée par un effroyable fait divers : le maire de la ville et sa famille sont assassinés chez eux, ainsi qu’une passante, témoin des meurtres.

L’enquête, confiée à la police d’Etat, est menée par un duo de jeunes policiers, Jesse Rosenberg et Derek Scott. Ambitieux et tenaces, ils parviendront à confondre le meurtrier, solides preuves à l’appui, ce qui leur vaudra les louanges de leur hiérarchie et même une décoration.

Mais vingt ans plus tard, au début de l’été 2014, une journaliste du nom de Stephanie Mailer affirme à Jesse qu’il s’est trompé de coupable à l’époque. Avant de disparaître à son tour dans des conditions mystérieuses. Qu’est-il arrivé à Stéphanie Mailer ? Qu’a-t-elle découvert ? Et surtout : que s’est-il vraiment passé le soir du 30 juillet 1994 à Orphéa ?

 

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I comme Indochine

J’ai découvert il y a quelques jours un nouvel atelier d’écriture, organisé par Sabrina. Voici les premières consignes :

Pour cette première tentative, je m’inspire donc du roman que je suis en train de lire Les Petites Reines de Clémentine Beauvais. Il faudra donc une histoire, où placer cette phrase LES ENFANTS SONT D’UN TOTALITARISME et les mots CANARD / GONFLÉE / DÉDAIGNEUX / INDOCHINE, inventer une expression bien à vous, et tout ceci autour de la thématique LES PETITES REINES.

Je le reconnais, la thématique de mon texte n’a rien à voir avec le roman de Clémentine Beauvais (que je n’ai d’ailleurs pas lu).


Vendredi soir

Irène, notre petite reine de seize ans, est enjouée ce soir. Il y a bien longtemps que ce n’était plus arrivé ! En fait, depuis la rentrée scolaire, sa mère et moi ne la reconnaissons plus. Elle qui était toujours morose, renfermée sur elle-même, affiche maintenant un sourire perpétuel. Pendant tout le repas, elle s’était montrée intarissable, ne cessant de parler de ses nouveaux profs, plus géniaux les uns que les autres, et de ses nouveaux copains de classe, particulièrement sympathiques cette année.

C’est au moment du dessert qu’elle a porté l’estocade.

  • Dis Papa, tu connais Indochine ?
  • Excuse-moi Irène, tu vas encore dire que je te reprends toujours, mais on ne dit pas « Tu connais Indochine ? », mais bien « Tu connais l’Indochine ? » Et pour répondre à ta question, le terme Indochine date du début du XIXème siècle et a été imaginé pour parler de l’influence culturelle déterminante de l’Inde et de la Chine sur les peuples de l’Asie du Sud-Est.
  • Bon, ça va, ne fais pas ton malin et cesse de me prendre pour une conne. Je connais très bien l’Indochine. Mais je te demandais si tu connaissais Indochine.

Un long silence, puis elle reprend d’un ton cette fois dédaigneux : Continuer la lecture

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H comme Houben

Vendredi 24 juillet 2020 : nous faisons la file derrière le Théâtre de Namur, devant la cour de l’école Notre Dame. Tout le monde, bien sûr, est masqué. Pas pour ne pas être reconnus, mais vous savez, même si c’était le début du déconfinement la Covid rôdait toujours 🙁 . Non, si nous faisions la file, c’était pour retrourner au théâtre ! Places offertes par nos enfants. Aucune idée du spectacle auquel nous allions assister, sinon qu’il se déroulait à l’extérieur, que les spectateurs étaient assis dans des transats, bien éloignés les uns des autres, et qu’ils pouvaient apporter leur apéro (pas de chance, nous avions oublié le nôtre 🙁 ). A l’entrée, on nous distribue à chacun un casque. En même temps que celui-ci, je reçois une petite carte, que je glisse dans ma poche, sans même y faire attention : je pensais qu’il s’agissait d’une pub pour l’entreprise de sonorisation. Grave erreur de ma part : c’était le ressort même du spectacle, je m’en suis vite rendu compte :

Et oui, c’était un souvenir mortuaire, et la soirée à laquelle nous allions assister n’était rien d’autre que l’hommage de quatre frères à Thierry, le cinquième membre de la fratrie. Continuer la lecture

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